Kristel -  Cap Roux -  les falaises - Canastel - Saint-Cloud,

Port-aux poules -  arzew - La Corniche, Mers el-kébir

 SOUVENIRS de SOLANGE, Antoine Garguilo, CELINE, MARC, MOSTEFA, OUAD, RACHIDA, Alonzo &belmudes

 Hervé pierrot, Micheline, Ninette, MAURICE Guy Jurado. Robert et Michel SALANON  nadia Belbachir

 

KRISTEL

Carte envoyée par Mostefa : Tazdout : à mi-chemin entre Kristel et kleber

 Coucher de Soleil sur Kristel  magnifiques Photos de YA Bertrand 2006

Kristel, petit village d'agriculteurs et de pêcheurs espagnols et arabes, à l'abri de la pointe de l'aiguille.
Une source sortant miraculeusement de la terre alimentait une population accrochée à la Montagne des lions depuis les temps anciens et irriguait des petits jardins entourés de haies de roseaux et de figuiers. ces terres cultivées dégringolaient en étage jusqu'au bord de la mer, autour de criques de sable fin les plages Sidi Moussa et Tamda(santa). Kristel aux mûriers séculaires  et aux mines de charbon désaffectées.
Cette côte de la montagne des lions aux mines de Kléber était désertique, caillouteuse et escarpée
C'était un petit coin de paradis, "d'après un texte de O.Sempéré Echo de l'Oranie"

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HISTOIRE
CHRISTEL d'après le livre "EGLISES D'ORANIE"
Dès l'installation de la France à Oran, sept lieues à l'est s'était formé le village espagnol de Christel. Faute de prêtres, c'est à des Pères Jésuites que Monseigneur DUPUCH fit appel, pour desservir provisoirement les nouveaux centres dont celui de Christel ; car, dans ce village il y avait une chapelle avec son presbytère, bâtie par les soins du Consul d'Espagne Monsieur Del Basso, qui l'avait faite édifiée, à ses frais, pour les trois cent cultivateurs d'origine espagnole qui s'y trouvaient ainsi que pour la Cie de soldats occupée à tracer la route de ST CLOUD ; pour qu'un desservant s'installe à demeure il s'offrit à payer son traitement. Mais l'administration ne répondit pas à ses avances apostoliques.

Après la guerre, Christel, situé à 11km de St Cloud, sur le bord de la mer englobait en réalité 2 agglomérations très distinctes : le village indigène et le groupe des villas européennes avec une population fixe de pécheurs espagnols et une fluctuante d'estivants venant de St Cloud ou d'Oran.

Solange avait raison en disant que l'école de Kristel ressemblait à une petite chapelle, il y avait bien une petite chapelle qui a dû être transformée en école.

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 Nous allions sur la plage lorsque la mer était démontée, nous prenions les grosses vagues, au large,et surfions jusqu'au bord de la plage TAMDA.  Pour atteindre le large par mer démontée, nous plongions dans le coeur de chaque vague, elles nous passaient dessus. Au dessous l'eau était calme comme l'eau d'un lac. Les rouleaux  écumaient au-dessus de nos corps, nous remontions entre deux rouleaux, voire trois pour reprendre notre souffle, et, à grandes palmées, nous filions telles des anguilles, toujours vers le large jusqu'à une distance  bien éloignée du rivage et lorsque notre premier but était atteint, nous remontions à la surface, attendions la vague la plus haute et d'un grand coup de palmes nous nous agrippions virtuellement sur son sommet, il ne fallait pas la rater et toujours rester sur son dos en donnant d'intensifs grands coups de palmes  et de longues brassées de crowl. Nous ne courrions aucun risque,  Si à un moment donné nous nous trouvions en difficulté (rarement) il nous restait plus qu'à replonger, rejoindre la matrice protectrice et refaire le chemin inverse au départ. (c'était du bodysurf), ensuite nous grimpions sur le gros rocher carré (au dessous du restaurant Faudrit – où les petits arabes attendaient que les clients jettent des pièces, qu’ils allaient chercher au fond de l’eau)  et nous faisions des concours de plongeons en vol plané,  d’une seule détente, comme des grenouilles.

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Le restaurant "Faudri" était réputé pour ses "daurades au fenouil",  son vivier à langoustes, ses cigales et son cabri aux herbes (dixit Roger Alfonsi).



Je revois le cimetière musulman sur une colline aride et lunaire (un mini erg) inondée de soleil, brûlante de chaleur, autour d' un marabout blanc de chaux, les tombes à même les entrailles de la terre, signalées par des pierres en forme de petits menhirs pointus, dirigées vers le ciel et orientées vers la Mecque. sous ces pierres des gisants redevenus poussière comme à l'origine.


 

 

Plus tard, les garçons papillonnaient autour des belles Kristelloises (Averous, Sanchez, Polo)

 

 

Merci à Michel JOURNAU

 

Merci Roger Alfonsi

                                                              Le rocher carré est imbriqué dans un quai                                               Le quai et au-dessus l'ex restaurant Faudrit

 

bum photos NADIA BELBACHIR originaire DE KRISTEL - Merci NADIA

 

 

L'album photos DE RACHIDA originaire DE KRISTEL - Merci Rachida

Photos prises en Aoüt 2006

MERCI RACHIDA

NINETTE la kristelloise

la maison de Ninette _ Ninette 20 ans 1958 Ninette à Kristel 1980

 

Récit d'un nouvelle amie : Solange JAUBERT/AUE - juin 2005 

 

Kristel: Petit village au bord de la mer, à 20 kms d'oran

Je garde en souvenir ce petit paradis avec ses maisons basses écrasées de soleil. Un joyau de verdure niché dans la montagne et dominant la mer de ses éclats argentés au soleil couchant. Ses pêcheurs courageux redoutant ses fureurs. Au milieu du village une source généreuse coule à l'ombre d'un arbre centenaire où un vendeur essaie d'écouler sa menthe aux vertus très appréciées ou d'autres marchandises. Sa population laborieuse entretient ses jardins qui datent depuis des lustres et qui en font la fierté du village. A l'abri du vent d'est, les criques très fréquentées par les baigneurs, attirés par cette belle bleue et calme, en faisaient des lieux très prisés. 
J'avais une belle vue de mon balcon,et les soirs ou il faisait bon je contemplais les bateaux qui avaient jeté l'ancre juste en face de kristel, je regardais leurs illuminations. ils étaient superbes : des bateaux de croisières qui passaient leur nuit devant ce joli petit village qu'était Kristel. Et, le matin, à mon réveil, j'allais voir. Il n'y avait plus rien, ils étaient partis vers des destinations inconnues. Je restais songeuse devant ces bateaux illuminés!!
sans parler des petites barques des pêcheurs  : des lamparos avec leurs lucioles. Il m'arrive souvent d'y penser et de rêver.   
Pendant l'été 1961  nous avons eu l'occasion de venir en France en vacances et visiter la côte d'Azur et la côte Marseillaise. et je peux donc dire que du Belvédère d'Aïn Franin à Kristel, la beauté de cette route côtière pouvait être comparée à celle de l'Esterel ou des Maures.
Nous passions par Gambetta, les guérîtes de Canastel, le belvédère, la descente en lacets  au-dessus d'Aïn Franin, au milieu des pins, et Kristel  5 à 6 kms après. Du belvédère aux carrières de Kléber, une côte escarpée entre mini plages, criques et falaises.
Arrivés au village, à notre gauche on descendait vers la mer il y avait une plage de sable, puis le restaurant sur la falaise et ensuite une plage de galets avec deux ou trois abris pour
bateaux de pêche. Les autres bateaux étaient tirés sur la plage de galets.
Il y avait des rochers où les amateurs s'adonnaient à leur passion : la pêche.
Si nous tournions à droite, après le virage, nous pouvions, soit entrer dans le village où nous habitions, soit continuer sur St Cloud, le Tourmalet, vers Assi Ben Okbah.
Après le cimetière, il y avait une grande baraque en bois "Auberge de jeunesse"                  
Petit paradis : le soleil, la mer, ses rochers, ses plages, ses criques, ses jardins potagers, ses figuiers, ses tchoumbos.
Mon mari y a été instituteur de 1957 à 1958
Nous logions dans un appartement de fonction, meublé, à l'école, au 2ieme étage, au-dessus des 5 classes. Nous avions un très grand balcon avec vue sur la mer, du Cap Roux à la pointe de l'Aiguille. Il y avait un collègue qui occupait l'appartement d'à côté et qui faisait office de Directeur.
Nous n'avions pas d'électricité et l'eau arrivait aux robinets à l'aide d'un moteur
Les autochtones nous appréciaient et nous apportaient du poisson, des fruits, légumes de leurs jardins..hum!...leurs figues!, leurs fèves et leurs artichauts frais, des oeufs à ne plus savoir qu'en faire.....les tchoumbos gratuits..ils étaient tous respectueux..
Ils allaient vendre le produit de leurs jardins (haricots,poivrons, carottes, oignons, tomates, artichauts, fêves etc...)aux halles de Cuveliers à Oran.
Nous pêchions des vidriades, des tapacoulos, des gabottes, des daurades, des salpas, des vives, des demoiselles, des savonnettes, etc...etc.......les bonnes soupes que je faisais!!!
A l'époque, l'instit était le roi et je devais aller souvent boire le thé ou le café chez les Mamans des gamins..il ne fallait surtout pas refuser..ils étaient pauvres mais généreux..quel dommage!!!!!!!!     
Il y avait l'épicier juste en face de l'école,  le boucher qui tuait sur place ses moutons, le coiffeur, le vendeur de lait de chèvres avec lequel je faisais des flans. Le café Maure, et l'école de filles qui ressemblait à une petite chapelle  .peut-être une chapelle?)
Nous allions à Oran faire nos courses en moto
L'hiver, Il y avait une seule française qui habitait le village juste au virage, dans une petite villa, avec sa grand-mère. Elle avait un nom alsacien, on l'appelait "NANETTE" , parlait couramment l'arabe. Leur maison se trouvait à l'entrée du village, en venant d'Oran, à droite en contrebas (Que sont -elles devenues, j'espère qu'on ne leur a pas fait de mal.)
Dès Mars, nous allions avec mon fils de 2 ans et Nanette dans les petites criques, par les chemins ombragés entre les jardins aux mille senteurs. Un mélange d'odeur de fruits, de menthe et de fleurs...j'adorais..., puis quelquefois, nous partions après le cimetière, nous descendions dans une crique où juste avant se trouvait une baraque qui avait servi, je crois, aux scouts....j'aimais ce coin sauvage.
Le médecin ne se déplaçait pas et il fallait nous rendre à St Cloud, pour bébé c'était dur.
Les cars Faz et Marchado assuraient la liaison entre Oran et kristel, via St Cloud et Via Canastel et Ain Franin. Les autres instituteurs (CAPISANO, BELLET) arrivaient d'Oran en voiture et une institutrice,  Mademoiselle LLEDO  venait avec sa 4cv..
Il y avait un garde champêtre qui vivait à la sortie du village, en montant vers St Cloud, une maison peinte à la chaux. Les Chibanis s'installaient tous les jours, juste après le route qui descendait à la plage ...ils prenaient le "petit soleil" assis sur la  muraille et ils avaient toujours des petits mots aimables. Il y en avait un qui m'appelait "Mme Bastos", c'était sa façon de faire de l'humour par rapport à mon nom Jaubert (les deux marques de cigarettes de là-bas). Ce vieillard à la longue barbe blanche inspirait la bonté....aucune animosité....Les dimanches, ils s'amusaient tous à compter les voitures qui passaient et étaient tous heureux de me donner le nombre
Une source divine douce et pure, sous des mûriers centenaires, alimentait tout le village.    Pour arroser leurs jardins, les cultivateurs utilisaient un système d'irrigation  par rigoles et canaux  qu'ils ouvraient en alternance nuits et jours, de façon à ne pas perdre une seule goutte d'eau. Cette source provenait de la Montagne des Lions. Une Deuxième source : entre Sidi Moussa et l'Auberge de jeunesse, une eau pure et limpide sourdait entre les rochers avant de se jeter dans la mer. Les habitants de Kristel allaient s'y rincer après la baignade. Les gamins aimaient  s'y amuser et y barboter. Les anciens prétendaient, à l'époque, que lorsqu'un étranger s'approchait de cet endroit, la mer devenait houleuse. Leurs jardins minuscules étaient ceints par des haies de roseaux et souvent à l'ombre de figuiers ou de mûriers. Il y poussait même des bananiers. Dans le jardin de Monsieur Karoubi il y en avait un également
Kristel fut un très bon souvenir dans notre vie.

 

Une journée de pâques à Ainfranin! "La MOUNA"                                                                                                                    

Nous avons un endroit que nous connaissons depuis longtemps. Quelques pins et un espace sans trop de végétation, pour éviter de mettre le feu. L'oncle Manuel arrive avec sa grande poêle ainsi qu'avec tous les ingrédients. Pendant qu'il s'affaire à allumer le feu de bois et arranger le récipient pour qu'elle soit stable pendant la cuisson......Les tantes montent les grandes planches en bois avec les tréteaux pour en faire une table. Dés que c'est monté ,elles sortent la sacro-sainte bouteille d'anisette qu'elles posent au milieu de la table et la bouteille d'orgeat,.les fèves au cumin,les tramoussos(lupins) et tous les petits fours qu'une tante à confectionnés la veille, c'était des petites pizzas aux anchois. Nous sommes 14 ou16.Pendant que les grands s'agitent à tout préparer, les enfants! nous allons jouer. L'heure du repas approche. Toutes les voitures sont garées un peu plus loin(prudence). Commence l'apéro avec les kémias. Nous prenons place autour de la table, chaises pliantes ou bancs. L'oncle Manuel annonce'' la paella est à point''. Les tantes nous servent généreusement, quel régal cette paella!!!,chez cet oncle c'est tout un art ses plats qui régalent toute la famille. C'est un oncle qui ne parlait pas beaucoup mais si heureux de réunir la famille. Il savait sortir un rosé frais très costaud qu'il rapportait d'Aintémouchent. A l'époque on ne faisait pas souffler dans un ballon!!!!Je ne vous dis pas dans quel état de bonne humeur, il mettait tous ces adultes!!!     Et l'heure de la Mouna arrive avec le ''petit café'' que les tantes avaient emporté dans des thermos, fruits, chocolats, tartelettes. Nous sommes tous joyeux. Vers 17h certains s'en vont marcher sous les pins ou partent cueillir un bouquet de lavande et de soucis sauvage qui poussent à profusion dans ces forêts de pins. Mes cousins font voler la bilotcha(le cerf volant) que les parents confectionnent eux même avec du papier, de la ficelle et des roseaux,,(je me souviens avoir envoyé des messages),  leurs formes sont diverses et ils les font monter très haut. Et puis vers 19h il est temps de repartir. Quelle belle journée!!!..J'en garde un tendre souvenir, j'arrête les larmes aux yeux...      Cet oncle avait un café à Choupot prés du marabout, et il avait l'habitude de servir des kémias, il était très connu ,il préparait les petites sardines en beignets pour les clients,les dimanches .....il avait du monde!!!!!  Solange JA

 

Une anecdote : Naufrage à Kristel. C'était en Mars 1958. De mon balcon j'ai assisté au naufrage du LCT 525 qui s'est échoué à 1km de kristel. La mer était déchaînée, des vagues de 5m environ, le bateau s'est retourné, Peu avant,le commandant avait lancé un appel de détresse. J'ai vu arriver d'Oran un bateau de sauvetage qui a accompli son travail avec efficacité. Tous les marins (15 hommes) furent sauvés. Le lendemain je suis allée voir l'épave sur le sable. C'était spectaculaire. Il y avait beaucoup de monde venus de toutes part, des curieux qui avaient appris la nouvelle sur l'Echo   d'Oran. Solange JA                                                                                                                                          

MERCI

   Informations données par ANTOINE GARGUILO :

Vers 10 h 30, du fait d'une forte houle risquant de drosser le bâtiment à la côte le commandant donne l'ordre de rentrer au port et l'embarcation tente de regagner le large car les rouleaux atteignent 5 m de hauteur. !
Munis de leur gilet de sauvetage, les hommes sont soumis à rude épreuve, les lames passent par dessus bord et noient les machines. Le bâtiment est alors en perdition. De la côte on se rend compte du drame et l'alerte est donnée.Retourné par une lame, le LCT 525 a été drossé contre la côte à environ un kilomètre de Kristel. On voit sur la photo du bas, a bord du Goéland III, le commandant Garguilo (le deuxième à gauche) qui avec son équipage a permis de sauver 15 vies humaines
Le LCT 525 est un bateau de débarquement à fond plat, transformé en navire atelier spécialisé dans le renflouement des épaves.
Long d'une quarantaine de mètres, précédemment utilisé comme transport de tank, il est équipé de bennes, de compresseurs... et de scaphandres de grands fonds .et comporte un équipage de 14 matelots sous les ordres du commandant Serrano.

A 11 h le Goéland III reçoit l'ordre d'appareiller et 10 minutes après, commandé par le patron pêcheur Sauveur GARGUILO, il franchit la passe et met la barre sur Kristel. Après une demi heure de navigation, le LCT est en vue, a demi submergé. Les sauveteurs aperçoivent 2 silhouettes agrippées à l'arrière puis à une centaine de mètres une chaloupe avec 13 hommes à bord.
Ce n'est qu'au 3° essai qu'un marin réussit à capter le filin et la canot est halé puis les 13 hommes transférés à bord du remorqueur.
Deux hommes plongent dans la mer pour tenter de porter secours au capitaine et au marin qui essaient encore désespérément de sauver leur navire. Peine perdue, le LCT est retourné pa
r une lame et s'enfonce dans la mer.
Le commandant Serrano et son matelot sont plongés dans la mer et grâce à leur gilet de sauvetage ils réussissent à tenir à la surface 10 minutes, juste le temps nécessaire pour agripper les filins lancés depuis le remorqueur et d'être hissés à bord.
A 13 h 55 le remorqueur rentrait au port après avoir accompli sa mission. Pas de victimes, pas de blessés, Seul le courageux capitaine a bu quelques copieuses tasses...
Le LCT est venu s'échouer à environ 1 km de KRISTEL, il sera récupéré et renfloué par ses armateurs à la prochaine accalmie.
Sa dernière mission s'était déroulée dans le port de Mers el Kébir où il avait renfloué l'épave du sous marin français "Cérès" qui s'était sabordé en 1942 lors du débarquement

Merci Antoine - Photo du photographe oranais "SIMONET"

MERCI

 

 

Poème de Christiane Pitz-Luglia

Kristel

Bouquet de couleurs
Bouquet de parfums
Bouquet de souvenirs
Bouquet de ma jeunesse
Dès ma plus tendre enfance,
J'ai dévalé les sentes,
J'ai remonté les pentes,
Des jardins suspendus
De ton îlot poivré de volupté
Par grappes, en espaliers
Et jusques aux murs de ta blanche mosquée
Tu agrippes, de fabuleux bouquets d'églantiers
La profusion de tes lauriers
Est une avalanche rose dans la nuit.
Dans tes charmilles de brocart,
Que seul un soleil africain,
Vivant, brûlant comme un regard humain
Arrive à pénétrer.
Tu trames, ombreuse, inextricable,
Un plafond de lianes empourprées
Où j'aimais à m'enfoncer,
Pétrie de couleurs
Pétrie de bonheur

merci à Dan Leclerc

Une enfance à Kristel par Marc TOUTA

 

J’ai écrit un jour quelques phrases qui se voulaient le début d’un livre et elles évoquaient l’attitude de mon père, militant de l’école républicaine et laïque, rabattant les brebis égarées vers les plages car, les beaux jours venus, elles s’y trouvaient bien mieux que sur les bancs de l’école. Le spectacle de ces congénères apparaissant en haut de la côte, tout mouillés d’eau de mer, se rhabillant à cloche-pied, rabroués, molestés et incités par la célèbre cravache de mon père à accélérer le mouvement, ne manquait pas d’amuser les élèves déjà parqués dans la grande cour de récréation.

C’était à Kristel, dans les années 1952 à 1955, où mes parents étaient instituteurs. Nous habitions un logement de fonction au dernier étage où l’eau courante était censée parvenir grâce à un moteur branché dans un puits mais qui le plus souvent ne fonctionnait pas, pas plus que l’électricité d’ailleurs ce qui occasionnait l’utilisation d’un grand nombre de manchons pour lampes à gaz. Mes parents payaient des gens pour porter les seaux d’eau puisés à la source et que nous stockions chez nous.
 

Mon enfance dans ce village fut la plus belle qui soit. Le chemin vers la plage de Sidi Moussa, au milieu des jardins où tout semblait pousser à profusion, était un véritable enchantement. Pour les vacances, nous louions une maison sur la plage « Faudrit » où nous passions deux mois. C’est là que j’ai appris à nager : un pêcheur qui acceptait ma compagnie, me mettait à l’eau de plus en plus loin de la côte, je me débrouillais pour revenir et voilà.

 Je faisais partie de ces gamins qui sautaient du rocher « carré » pour récupérer les pièces que lançaient les clients du restaurant ; nous les petits, nous n’avions droit qu’aux petites pièces. Je me souviens que lorsque le temps changeait, au mois de septembre, les premières pluies troublaient l’eau de baignade et qu’il était temps de reprendre le chemin de l’école.
 

M. Kharoubi était mon maître, en CE1 et j’ai eu, en CE2, un instituteur venu de métropole, appelé M. Rozenszweig (orthographe sans doute approximative). C’était la guerre mais, à Kristel, les échos ne parvenaient, que de manière atténuée. On disait : « Il y a la guerre à Oran » et silence. Le garde-champêtre dont parle Solange surveillait le village. Mon père et lui étaient en conflit ouvert, je ne saurais dire pourquoi exactement. Un garçon de 20 ans que nous aimions beaucoup a disparu un jour et la rumeur disait qu’il avait été arrêté, dénoncé par ce garde-champêtre. Ma mère était responsable de l’école de filles laquelle pouvait effectivement ressembler à une chapelle. J’ignore son origine. Par contre, son sous-sol abritait un capharnaüm stimulant pour nous tous. Nous avions tenté de l’aménager en salle de spectacle mais le projet fut interrompu pour passer à autre chose.
 

Seule ma mère conduisait une Traction « avant » dont j’ai retrouvé la trace dans le site Oran des années 50 à la rubrique école et au nom école du ravin Ras el Aïn . Elle nous accompagnait, au printemps, à la plage de l’abreuvoir, peu fréquentée. Nous nous rendions à Saint-Cloud lorsque nous étions malades, chez le docteur Cor que mes parents ont retrouvé à Nice. Nous allions au cinéma, et, curieusement, le seul film dont je me souvienne « Des gens sans importance » , une histoire d’adultère signée Henri Colpi (je crois) avec Jean Gabin et Françoise Arnoul (j’en suis sûr), est loin de ce que l’on peut considérer comme un film pour enfants. Depuis je n’ai cessé de vouer un amour immodéré au cinéma.
 

Par la suite, mes parents ont été mutés à Oran dans une école du quartier Lamur puis au ravin Ras el Aïn. Bien plus tard, je suis retourné plusieurs fois en Algérie et au cours d’un périple avec mon amie, nous sommes allés à Aïn Franin (pêche, baignade et relaxation dans la source chaude) puis à Kristel que j’ai trouvé plus terne et poussiéreux que dans mon souvenir. Mon regard n’était sans doute plus le même et cela a contribué à atténuer le sentiment de déchirure que j’éprouvais trop souvent.
 

Merci Jocelyne de nous donner accès à ces témoignages du passé. Permettez-moi de conclure par une phrase d’Hanif Kureishi : « Nous ne connaîtrons donc jamais à l’avance la signification, à nos yeux ou pour les autres, de nos propres paroles ; encore moins comment le monde les recevra. Les effets de la parole, absolument imprévisibles, peuvent déboucher sur n’importe quoi ; en revanche, nous savons avec précision à quoi ressemblera le silence. »
Marc Touta - 13/11/2005 -

Marc

 

                                                            

 

 

 Récit d'une nouvelle amie : Céline BANULSGUAY-Août 2005

 
"Kristel" et "St Cloud" avant 62.


Souvenirs d'enfance


Je suis native de St Cloud ainsi que mon mari.
Mon Père Mr FALLIEX était menuisier sur la route de Kristel où nous habitions ( la maison jouxtait l'atelier). Je n'ai pas beaucoup d'anecdotes à relater, Hélas, mon Père étant un bosseur invétéré, les loisirs étaient rares. De surcroît ma Mère n'acceptait pas que je sorte et mon univers tournait autour de mes proches, il n'y avait que des adultes.
Je me souviens des Familles SANCHEZ, AVEROUS ( je revois bien leur maison), FRUTOS (dont la petite fille Marie-Thérèse était ma meilleur amie) BOYER (dont le fils était le copin de mon frère et de mon mari)
Nous allions au restaurant "FAUDRIT" quand Papa était appelé à faire des réparations. Mr
FAUDRIT m'impressionnait par sa corpulence, moi qui était une petite crevette à l'époque...
Nous avons connu les têtes emblématiques de Kristel, les petits durs de l'époque qui faisaient la loi pour s'approprier les filles. Il y avait l'hotel "Caparros", perché au bord de la falaise. Les plages Sidi Moussa et Santa.
                                                                                                                                                                                     Au mois d'Août les colons partaient faire leurs vendanges et revenaient en septembre après la récolte                                                                                                                                   
A St Cloud, j'ai connu les BORDY: Micheline: la blonde; Annie: la brune et Jocelyne, une superbe rousse, également Evian DUSSORDET et Betty CHAHIGNAN, tous plus agés que moi.


Dans mon enfance j'ai entendu parler de la ferme CAMALLONGA de St Leu, elle était citée en référence comme point de chasse par mes oncles, les 2 frères CHEUX garagistes à ST CLOUD. Il me semble même avoir été tirer des pigeons (braconnage) dans les années 57/58. J'ai d'ailleurs appris à conduire à cette époque, je n'étais pourtant pas très grande. Pendant que je pilotais très lentement pour ne pas louper un rang de vigne, mon oncle était accoudé à la vitre, fusil en main pour tirer les perdreaux. Je me faisais tirer l'oreille si par malheur j'appuyais un peu trop sur le champignon et faisais manquer le volatile tant convoité.


En quittant St Cloud par la route de Fleurus, il y avait un petit lac où les canards (col vert) venaient nicher. Nous allions très souvent les voir et les chasser. Nous attrapions les canetons à l'épuisette dans un petit canal qui longeait le lac et nous les élevions avec de petits escargots gris que nous écrasions avec un caillou. Ils en étaient très friands. Nous avons même réussi à avoir des couvées dont l'une d'entre elles a été décimée par un canard de Barbarie qui les gobaient d'une traite. Celui ci avait été engraissé pour Noël mais, son forfait accompli, il  n'a plus eu de migraine. Je te parlais donc de ce lac parce qu'il ne se situait pas très loin de la ferme de ton Grand-Père.


D'ailleurs, un jour, en revenant de la ferme, j'ai tourné à vive allure pour rejoindre la route qui revenait sur St Cloud et je me suis retrouvée dans un champ fraîchement labouré aux abords duquel  avaient été plantés de frêles oliviers (je me prenais pour Fangio), mais je n'ai pas été pénalisée. On m'a permis de reprendre les commandes après avoir reçu une rafale de " mots doux". Je n'étais pas fière.

Souvenirs de mes 16 ans à Kristel

Après un après midi de baignade entre copains et copines, chacun rentre se doucher. Les filles soignent un peu plus leur toilette: chignons choucroute, léger maquillage qui met en valeur le hâle de la journée, petit short en vichy très prés du corps et camisole assortie rehaussée d'une fine dentelle de Calais qui donne une certaine candeur à nos minois d'adolescentes. Tout ce petit monde se retrouve sur la plage autour de notre idole  Marie-Thé, elle a une voix superbe du style Marie-José qui chantait alors "dernier Tango ou La fille de Dolorès" que ma mère fredonnait à longueur de journée. Donc nous voilà assis en tailleur à écouter et solliciter notre camarade dans le choix que nous avions fait. Elle poussait ainsi la chansonnette avec le plaisir évident de nous satisfaire jusqu'à ce que nos parents nous hèlent pour passer à table. Le repas terminé nous retournions sur le sable encore un moment et à la faveur de la pénombre nous nous rapprochions de nos flirts respectifs pour un candide câlin. Je n'ai vécu cela que 2 soirées, mes parents avaient accepté que je passe 2 jours à Kristel chez ma camarade. Je me suis interdite de prendre le sommeil afin de jouir pleinement du bruit des vagues sur la grève tout en rêvant du prince charmant. Le rêve existait encore. Je me souviens de cela comme si c'était hier car pour moi cette escapade avait été un pur moment de bonheur Céline.

 

                                 la maison de Céline à St CLOUD 04.06  -       Le rocher d'où nous plongions, la mer houleuse d'où nous prenions les cimes des vagues

1961 - Bal à la Salle du CASINO de St CLOUD

Merci Line pour ces photos qui sont magnifiques et rares 
 

CELINE

 

Souvenirs de MOSTEFA BADIS le Kristellois

 

Kristel sidi Moussa sardines grillées
Une fois mon petit frère (il avait peut être 3 ans) est monte tout seul sur un car Marchado. le conducteur était François.
il arrive a Oran, François demande à mon frère où il habite et mon frère lui dit qu'il habite a côté de la mosquée a côté de tata Halima. le chauffeur a eu beaucoup de mal a trouver le nom du village. Au revoir la mer m'appelle

  Fille de Franin
Je suis un fils de kristel. quand j'étais gamin(55/56) j'ai participe au reboisement (pins maritimes) entre Kristel et Franin avec les appelles de l' armée. J'ai fait le va et viens avec ma mère à pieds nus sous le soleil ardent entre la source thermale et Kristel. Mon grand père faisait la navette du village jusqu'aux halles d'Oran avec son âne charge de primeurs. Des fois notre âne s'évadait, alors avec mes cousins nous allions le chercher. nous le trouvions des fois a Ain Franin, des fois à Fernandville et des fois à Courbet/Gambetta.
Notre âne était un vrai Oranais. les fotos makache (je suis loin du bled) mais si jamais j'en trouvais alors là je ne vous oublierai
pas O fille de Franin!       Le grand bonjour 

L'image d'Ain Franin qui m'a le plus marque était en 63 (j'avais 14 ans) nous sommes allés en famille à la source thermale(a dos d'âne). Ain Franin était un village fantôme, les villas bien fermées, les volets clos, les portails verrouilles, les cours étaient  pleines de géraniums et d'autre fleurs. Aucun signe d'effraction. rien.
Ma parole on aurait dit que les habitants étaient partis en vacances et qu'ils allaient revenir dans les prochains jours. Ain Franin était sereine et calme. rare quand passait une voiture. L'odeur des pins maritimes, on pouvait même entendre la mer murmurer. les poissons rouges dans le bassin, il y avait un vieux Espagnol (Saco) qui vivait de poissons, de lapins de garenne et de paellas. Ain Franin ressemblait a une mère désertée par ses enfants partis vers d'autres rivages, toujours perchée sur un rocher scrutant l'horizon et demandant aux phares de Falcon et de l'Aiguille de veiller sur ses Ouleds.
Mon enfance a Kristel , rocher Carre étais off limit pour les minots comme moi, les grands me feraient boire une tasse si je touchais a leur rial ou leur douros. les fusiliers marins qui étaient postes à l"aiguille venaient se saouler a la cantina de Faudrit et repartaient bourrés a pied vers l"aiguille, je me demandais comment ils allaient arriver au phare vu que le terrain est très accidente entre Kristel et le phare 
Bien sur il y avait la légion qui descendait des djebels vers Kristel. Nous avions un facteur de Saint Cloud, à chaque fois que je le voyais je déguerpissais (a cause de son uniforme et de son kepi) un jour il a réussi a m'attraper, il m'a pris par la main gentiment et nous avons marche ensemble comme un père et un fils. Nous ne faisons que passer, nous partirons, d'autres nous remplaceront  " E cosi la vita". Son cosas de la vida comme le disent si bien mes voisins los Mejicanos.

Je comprend votre douleur et votre tendresse a ce petit port d'attache sauvage.
Le grand Bonjour chère Jocelyne.

LES MADRAGUES

Au fait notre âne s'appelait Poulpou(malin).
Voila la saison de fécondation de la bonite arrive.
Après une longue et laborieuse migration la bonite(connue aussi sous le nom de sarda) répond fidèlement a l'appel des eaux chaudes de Ain Franin, de l'Aiguille, du cap Carbon et autre littoraux. La madrague de l'Aiguille (Al madraba) fait ses préparatifs.  C'est le branle bas, les filets sont ramendes a Sidi Moussa et a Santa, les flotteurs, les câbles, les fers, le nouvel équipage sont la.
On attend le dernier temporal du printemps pour poser cette madrague a l'abri de l'Aiguille.
C'est une pêche archaïque qui date de "je ne sais pas moi". La madrague de Kristel est l'une des dernières madragues du monde de la Méditerranée.
De Kristel on pouvait voir la zone immense de frai au large de Franin, la mer était rouge.
Quand on voyait les dauphins arriver vers la costa tout le monde souriait. "Bonitou dja Sarda djate". Enfin nous assisterons a la première "liva"(hausse du filet de la cour ou de la chambre). Hélas les madragues légendaires avec leur Rais(patron, avec leur galions, avec leur équipage avec leur langage de galère ont largué les amarres. Elles ont laissé dans leur sillage un héritage que seul les
gens de la mer connaissent. Quand nous etions enfants nous imitions "sahab al madraba" " Hooo Hissaaaa, hooo hissaaaaaaaa"
hoo hissaaaaa. Je vous souhaite une mer calme et le vent en poupe.


Fair winds and a following seas comme le disent los
Alaskaleros.

Merci pour avoir évoque notre Poulpou, c'est Poulpou qui nous a apporte la khobza(pain quotidien) a mes frères, soeurs et cousins orphelins. Poulpou a quitte sa rade, il bourlingue la plaine abyssale au large de Russo ou de Franin. Kristel pour lui est un chemin qui mène a nulle part. Grand père Habib vous apportera la baraka.
Merci pour le poème sur la mouette. Les oiseaux marins grands migrateurs tel les mouettes, albatros, sternes arctiques et autres nous apporterons toujours consolation. merci pour les photos de l'Aiguille, c'est au large de la Pointe qu'ont disparus mes deux oncles. Comme de nombreux mariniers Ils ont rejoint les Abysses de Neptune (une expression que j'emprunte du fils de Franin Henri Fernandez).
Ma grand mère assise sur notre patio les a attendus le regard fixe vers Falcon jusqu'a son dernier souffle.

 Pénélope a été plus chanceuse.
Monsieur Jaubert me faisait compter Benba1, benba2, benba3.....benba10 (Ben Badis est mon nom original)
Tiens j'entends le long klaxon de l'autocar Angelotti saluer le village. On aurait dit la corne de brume du Sidi Bel Abbés faisant son entrée majestueuse dans la Marsa d' Oran.
J'ai la fièvre de la mer, il faut que je descende vers le port.

11/09/2006

LE MEKTOUB desMERS

Souvent je pense au pêcheur qui descendait vers Sidi Moussa fanal à la main avec un enfant à ses talons. Il y a de la rosée  sur les feuilles de figuier , signe favorable pour la navigation.
La félougua quitte le quai désert, le filet trémaille et le panier de palangrotte sont bien préparés pour cette pêche de l'alba.
Dans un autre panier, soigneusement préparé par un proche, il y de la kahoua, des figues sèches, une galette, des olives,
l'eau de notre source et l'odeur de la maison. La mer est froide.
L'enfant couvert d'un vieux caban se rendort dans le vivier dorlote par le tangage et le ronflement du moteur baudoin. La constellation Orion se lève au dessus des djebels de Kristel, elle est là pour guider  le pêcheur vers les pâturages de Poseïdon. L'homme tient fermement le timon, la Pointe de l'Auberge est à quelques encablures à tribord, piano...piano, les lumières du pueblo s'effacent et les aboiements des chiens s'évanouissent.
La mer appelle le pêcheur, il est libre comme la mouette. Combien de fois le retour vers le rivage a été coupé par les écumes ou par les assauts du très redoutable "El Norte"
Nos pêcheurs ont bravé la mer et ont accepté le destin des mers. Emportés par une vague, il n'y a personne pour nous raconter ce qui leur est advenu . Leurs embarcation fantômes avec leurs armements errent les abysses de Neptune.
Ils sont venus monuments dans nos mémoires et leurs départs resteront graves dans nos coeurs.
Mères et soeurs perchées sur les promontoires à guetter le retour des biens aimés, nous n'oublierons jamais v

 

Le 14/12/06 

NAUFRAGES

D'innombrables naufrages ont eu lieu du côté de Kristel depuis la nuit des temps. Vers 60 un bateau avait échoué sur la plage Oued El Ma entre kristel et Aïn Franïn.  l' épave était couchée sur la grève, la coque éventrée par les écueils. Puis arriva le coup de grâce, une tempête suivante déferla toute sa rage et arracha le pont et le gaillard pour les entraîner au fond. Sur la plage il ne restait de ce vaisseau que la cale et les machines ou nous avons appris les fondamentales de la mécanique.
En 58, de notre patio, on pouvait voir un navire en détresse entre Kristel et Cap Russo, il essayait d'ajuster son cap vers le large mais la fureur du vent et de la houle le poussait dangereusement vers nos récifs. On voyait les lames surmonter le bateau , c'était la dérive totale , l'heure fatidique est arrivée. Le bateau a été désintégré; des débris parsemés au fond , une section a échoué sur la plage des Tolbas à l'est de l'Auberge, une autre s'est brisée dans la crique dite "bnat Bouriache"  à l'ouest de l'auberge.
Cette crique, lieu idéal pour le frayage de la sépia et des languilles  en porte encore les séquelles de cette catastrophe.
En 42/43, alors que le flotte Française échappait de La Marsa pour rallier le port de Toulon, une frégate a été coulée au large de Sidi Moussa par les britanniques. "attention, une occupation peut cacher une autre occupation!"
Plus tard, nous avons fait des plongées et récupéré des étuis d'obus et tout ce qui était cuivre qu'on revendait à la casse de Lamur. Ce Shipwreck  sommeille toujours sur son flanc dans le fond à quelques centaines de brasses  de Sidi moussa le Marin.
Par ailleurs , une baleine a échoué sur la plage de l'Auberge (circa 1930). Nos mères ont découpé la viande et la graisse. C'était pendant les années noires, l'échouage de cette baleine a été une "Bonanza" pour notre Douar. Le squelette de ce cétacé se trouve au musée de Zabana  à côté du Lycée Ben Badis.

Le 24/02/2007 

TAMDA

Tamda est un mot berbère qui signifie source. Au bas de la maison de Ninette existe une source qui s'appelle Tamda, une partie de son eau se jette sur la plage que nous appelons Tamda. Ce nom dâte depuis du temps de la Berberie qui s'étendait de la Nubie jusqu'aux Canarias et du Mediterraneo jusqu'au Burkina Faso.Kristel, Arzew, Mostaganem, Relizane. Wahran, Meknes, Tanger, Tamanrasset, Tenerif ,  la liste est longue. Enfants nous allions a la source Tamda pour attrapper une grenouille verte, on lui donnait un baiser sur le dos avant de la relâcher. La légende disait que cet amphibien nous aiderait a devenir de bons nageurs.

18/04/2007 

LES ANGUILLES DE KRISTEL

Le récit de Herve m'a aide a me réconcilier avec les anguilles de mon bled. Les chibanis assis a l'ombre des mûriers nous enseignaient que les anguilles de  notre source  retournaient vers la mer pour frayer. Les civelles remontaient vers la source et passaient toute leur vie dans ce sanctuaire et une dizaine d'années plus tard elles entreprenaient leur migration vers la côte pour se reproduire. Personne ne connait
quel accès elles choisissent pour parvenir à la mer. La migration se fait la nuit a l'insu des prédateurs. Le saumon poisson anadrome est né dans l'eau douce et passe sa vie dans l'océan. L'anguille poisson catadrome est né en mer et passe sa vie en eau douce. Nos anguilles se nourrissent d'insectes, de petits mollusques qui vivent dans cette source. Ce sont les gardiennes de la source. La source n'est pas riche en nutriments (la mer est riche continuellement grâce aux courants et tempêtes) alors pourquoi choisissent-elles cet endroit pour leur croissance?.  Tout simplement il n'y a aucun prédateur, elles sont dans un sanctuaire. Et les chibanis sont la pour les protéger des gamins.

15/05/2007

SEMPER FIDELIS

Nos frères et soeurs scombrids (sarda, bacoreta, bonita) font route vers  nos rivages. Toujours fidèles à l'appel de nos eaux. Elles iront déposer leur frai au large de Franin et de l'Aiguille.

 

29/05/2007

BODY SURFING à KRISTEL

Dans les années 80 Body surfing (sans planche et sans accessoires) fit son apparition sur les plages Californiennes pour arriver en  Australie et ailleurs.  A Kristel les arrières grands parents des chibanis de nos chibanis déjà pratiquaient cette pure forme de surfing . Nous disions tout simplement descendre avec les vagues. Nous attendions les grosses tempêtes du vent de l' Ouest(El gharbi) et a l'insu de nos parents zoooom! nous descendions vers les plages sablonneuses. Body surfing et rochers c'est un NO NO!! Il faut arriver au delà de la ligne des brisants. Nous affrontions ressacs et lames déferlantes, quand on apercevait une vague colossale surgir vers nous on pratiquait pronto le "plongeon du canard" nous plongions sous la vague pour ressortir dans le creux de la vague. Une fois arrivés dans cette zone moins turbulente à l'abri des assauts des surfs, nous attentions la grosse vague idéale (bien remplie et bien ronde comme un pipeline).  Des qu'on voyait progresser vers nous cette belle vague au contour parfait nous commencions a nager rapidement vers la plage pour attraper cette lame JUSTE au moment de sa cassure et nous voila transportes sur sa crête avec une belle vue sur la playa. Il faut arriver jusqu'a la grève poitrine frottant sable et galets Parfois nous étions pris dans une machine a laver(tourbillon dans le fond dans le sens de la  progression de la vague) alors là, attachez vos ceintures, restez calme et économisez votre souffle! notre sens d'orientation sera complètement bouleverse. On ne sait plus où est le fond et où est la surface. il faut laisser ce tourbillon vous rejeter vers la surface. Notre instinct trouvait les montagnes et notre cap était rétabli. Les machines a laver sont redoutables. Elles font des surfers une grosse boule. Une fois mes dents se sont plantées sur le crâne d'un autre surfer. Un de mes neveux s'est retrouve encastre dans une grotte  sous-marine, heureusement qu'il a garde son sang froid. Il a attendu que la turbulence soit passée pour regagner la surface guidé par la lueur du jour. Il faisait du surfing là où il ne fallait pas( du cote du Rocher des Oiseaux). Pour peu il serait en errance main dans la main avec Kalypso dans les abysses de Neptune. A éviter aussi sont les trains de vagues(série de vagues a intervalles très rapproches) Elles vous martèlent sans répit, elles vous écrasent contre le fond, elles ne vous laisseront pas reprendre votre souffle, vous serez a leur merci jusqu'a la dernière vague. Les Kristellois enfants des algues pavoisaient les trophées aquatiques remportés: dents cassées, cicatrices sur la poitrine , écorchures sur la face, marques sur le crâne ,sur les coudes, les genoux, les arcades sourcilières  etc. ma parole des VETERANOS!!! Nos pauvres parents nous rappelaient sans cesse "bhar ghoul" la mer est une ogresse. Entre temps les tempêtes continueront leur déchaînements contre la cote enrichissant ainsi le milieu marin en oxygène et remueront le fond marin pour renvoyer les nutriments vers la surface.

25/08/2007

LE RAÏS

 A Kristel les vents sont contraires et les filets de péche sont vides. Le corridor de migration de la bonite est pertué, la fécondité de la sarda n'est plus celle d'antan,la madague ancestrale a été désarmée. L'équipage avec son bosco et son raïs/armateur, figure de proue, ont remonté lentement le sentier vers les hauteurs de notre village, clôturant ainsi la fin d'une pénible saison. Notre humble rais retournera cultiver le jardin des aïeux, son havre de paix. Nous continuerons à l'appeler RAIS. Des jeunes mariniers ont trouvé une nouvelle vocation. Si vous comptez vous rendre vers el otro lado, d'une crique isolée on vous fera la traversée, de nuit et tous feux éteints, vous serez désembarqués sur une plage déserte du côté de Malaga ou Cartagéna. Instruments de navigation : un compas, les feux de Falcon, l'Aiguille, les Habibas, Polaris. Orion. En mer pélagique le mektoub des scombrides se croise avec le mektoub des jeunes, un corridor se ferme un autre s'ouvre. A nos regrettés Raïs Hadj El Habib commandant de la Madrague d'Aïn Franïn et Si El Habib commandant la Madrague de la Pointe de l'Aiguille. je les vois encore pieds nus arborant turban et seroual manoeuvrer avec une main de fer leur galère.  Le commandant de la madrague d'Aïn franin était Hadj LAHCEN. Bon voyage avec les courants océaniques.

13/09/2007 

LE GOURBI

. Je mettrais mon cap vers mon port d'attache, mon douar et mon gourbi m'attendent. Je remonterais les sentiers à l'ombre des figuiers avec leurs branches chargées de leurs fruits. je n'attends rien, je me contente du peu que m'offre mon bled. Alors aux candidats de n'importe quel voyage faites le avec un esprit ouvert et un coeur dépourvu de préjugés.

 

21/09/2007

LES SIRENES

Les gens des mers sont très superstitieux.
A kristel nous avons aussi des soeurs de sirènes qui font apparition surtout en hiver(Djenia el Bahr) esprits féminins des mers.
Après  une litanie de rigoureux examens médicaux/dentaires et additionnels tests ,a cause de mon age, nous (des jeunes natifs de l"arctique et un renégats de Mare Nostrum qui a du mal a s'intégrer) voila assigne une saison avec l'U.S. Antarctic program.
Les toubibs des services polaires m'ont décerné le fameux PQ(Physically Qualified for Antarctica). Le Grand Sorcier chef du dept de la médicine nucléaire m'a lance "You finished your exams with colors, Bon Voyage et courage!"
Nous partons vers la Mer de Ross (le bas du monde 78deg parallèle sud) séduit par l'isolement et la grandeur de l'Antarctique où je séjournerai tout l'été austral(5 mois). En Nouvelle Zelande (South Island). je dirais au revoir aux arbres, abeilles,fleurs, herbe, chiens, chats,au brouhaha des enfants. J'ai fait mes aux revoirs aux  Alaskaleros du grand Nord: certains m'ont traite de mahboul,  les plus vieux m'ont tout simplement dit "nos pensées et nos prières seront avec toi" et d'autres ont exprime leur désir d'aller avec moi.(entre renégats on se comprend) Une chose est sure nous serons châties par les Quarantièmes Rugissants, les Cinquantièmes Hurlants, les Soixantièmes Criants (Vents turbulents et violents de l'Ocean Austral. 40 - 50 - 60 parallèle sud). Mes derniers jours le jardinage avec les délinquants de mes enfants.
Heureux qui comme Ulysse a fait un beau voyage Joachim du Bellay poète français et poète favori de notre ancien maître d'école de Kristel, Mr Jaubert) Je souhaite a tous et toutes des vents favorables et un astre qui vous guidera vers vos rivages où vous attendront les vignes, les grenadiers, les jujubiers.

 07/12/2007

LE MARIN INCONNU

Le marin inconnu de Sidi Moussa (plage de Kristel)
C'etait une longue et furieuse tempête qui n'arrêtait pas de hurler et de châtier notre rivage pendant des jours. Les chibanis essayaient de nous conforter nous les enfants, ils nous disaient la mer se calmera dés qu'elle aura rejeté ce qu'elle a dans son ventre. Un beau matin la mer était lisse comme un miroir (Almeria en arabe)..A quelques brasses du rivage de Sidi Moussa un corps inanimé flottait au gré des ondes gentilles. La mer nous retournait solennellement  quelqu'un que personne ne viendra (jusqu'a ce jour) revendiquer. Quatre gamins repêchent ce naufrager en état de décomposition avancée et le tireront sur la grève. Il portait un tricot marin avec une ancre tricotée au niveau de la poitrine et des boutons sur l'épaule. Ne savant quoi faire ils font appel aux zouaves qui passaient par la. Les zouaves descendent sur la grève regardent ce pauvre naufrager -un coup de baïonnette transperce sa panse enflee-  et ils  repartent vers leur half-track. Les enfants traitant ce pauvre comme un parent creuseront une tombe  au milieu des roseaux un peu plus haut de la grève et l'enterreront avec dignité. Voila les vagues ont efface les empreintes des adorables pieds nus  et les cicatrices des godasses et ces vagues continuent a mourir aux pieds de cet ancien marinier. D'ou venait-il ce marin? Il repose toujours a la plage de Sidi Moussa. Il existe d'autre tombes similaires entre Kristel et la Punta (Aiguille).

22/01/2008

TAZDOUT


Tazdout. Merci a Pascou d'avoir évoque mon nom. J'ai lu la nouvelle de Guy. Il n'y a eu jamais de Kristellois avec 2 épouses au logis. Aucune Kristelloise ne cohabitera avec une rivale. Ce n'est pas la coutume de notre bled. Il y a eu quelques cas de polygamie mais la mer, les montagnes, le Sahara séparaient les épouses. L'époux pratiquait une double vie a l'insu des épouses. Certains Kristellois ont fait la campagne de Turquie, d'Italie, d'Indochine. D'autres ont été exiles vers Caledonia. Mon oncle me chantait "La Madelon". A Kristel certains arboraient l'uniforme militaire francais, d'autre étaient dans le maquis de Djebel Khar mais ils se rencontraient aux mariages,aux funérailles. Ils étaient cousins, frères de lait,voisins. Ils savaient jongler avec leur priorités. Tazdout était relie par une route de terre rouge a l'axe StCloud-Kristel. De Tazdout il y avait un sentier qui descendait vers Kristel et une route qui allait vers Kleber/Arzew. Certains Kristellois avaient des jardins a Tazdout, ils avaient un atout sur le marche des fruits et légumes. Tazdout a son micro-climat grâce a son altitude, quand la saison des haricots était terminée a Kristel elle ne venait que de commencer a Tazdout. Quand les figues et les grenades de Kristel commençaient a être rares celles de Tazdout prenaient le relais a un prix  plus fort. Ne pas oublier les abricots et les peches. Et pour terminer la brise de mer et le lait de chèvre de Kristel sont apprécies mais le zéphyr, le miel et le lait de Tazdout n'ont pas d'égal. Je donnerais n'importe quoi pour boire d'une cruche une gorgée de lait de cabra de Tazdout

 

 

23/01/2008

BAHAR - L'AUBERGE DE JEUNESSE


Bahar l'auberge  C'est la plage de l'auberge évidemment. l'auberge a été pilonnée par les tempêtes, il ne reste que les fondations. C'est dans cette auberge ou convergeait l'entourage d'Albert Camus, le propriétaire était communiste. L'accès a cette plage n'est pas facilite. Au dessus de la plage il y a l'ancien cimetière de Kristel. En 42 les américains y venaient pour se baigner et ils garaient leurs camions sur les tombes (Ils ne savaient pas que c'était un cimetière) .Les chibanis sont allés voir leur supérieur pour leur expliquer leur mécontentement. Les américains n'ont plus garé leur véhicules  a cet endroit. C'est a l'auberge ou la baleine a échoue.

 

Les aventures de Mostefa en Antarctique: Mer de ROSS

25/09/2007

Orion. Non on n'y va pas pour pêcher, mais pour assurer la logistique pour la National Sciences Foundation. Les glaciologues, astrophysiciens, océanographes, marine biologistes etc  il faut bien qu'ils "bouffent", il leur faut du carburant, il leur faut un gourbi, il leur faut un toubib (telemedecine), il leur faut un minimum de communications... Mes amis les Inupiats et Yupiks  sont les meilleurs guides pour tracer un passage ou pour traverser une crevasse. Nous serons a peu près 10 ou 12 nautical miles au sud de Mont Erebus(Ross Island) pas loin des Trans-antarctiques  et des Vallées Sèches(Dry Valleys). Montagnes. Quand tu seras en pleine mer monte sur le pont supérieur vers 3h 4h du matin regarde vers le sud est et observe la migration d'Orion. Orion c'était l'horloge de ma mère. Avant de te coucher n'oublie pas ta lampe de poche, souliers et vêtements chauds prêts et soit tjrs familier avec le bateau(coursives, passavants, poupe, proue) Fair winds and following seas.

12/10/2007

 

a droite le célèbre et majestueux Mont Erebus. Merci Mostefa

sur une falaise volcanique vue sur la mer de Ross gelée.
Nous sommes ancrés dans un Océan d'Oblivion, j'aurais dû écouter les vieux alaskaleros. La mer de Ross est encore gelée, la voie maritime n'est pas encore ouverte jusqu'à l'île de Ross. Nous avons été transportés de la NZ par un avion C17 de la US Air Force. A notre départ les militaires de Kiwi nous ont salués par des "cheers". Hier -63F(-53C).Quand les vents dépassent les 75 noeuds, personne dehors, sauf pour une tâche critique
Dans l'île volcanique de Ross aucune plage, aucune vague, aucun signe d'oiseau, aucun phoque, aucun manchot ...OUALOU. Il n'y a que de la glace, des roches volcaniques, des blizzards de neige et du Mont EREBUS sortent des panaches de vapeur. Les marées de la mer de Ross sont diurnes, elles montent et descendent sous la glace et quelque fois elles fracassent cette épaisse couche de glace. Les vents, alors, je ne vous le dis pas... dès que la glace se rompra, espérons que la marine se manifestera. Avec moi il y a quelques parias des mers ; certains aiment discuter, d'autres par contre s'abandonnent à eux mêmes . Je suis à l'aise dans cette région isolée. Vers l'est les vallées sèches véritables SAHARA polaire, les Trans-Antarctiques, le glacier bleu, l'île noire et l'île blanche. Alors j'écoute ma berceuse, la chanson de l'équipage de la Madrague hissant péniblement le gros filet, leur chant rythme par le tangage et le roulis du galion. Hooo  hissaaa

12/10/2007

 Merci pour les "cheers". Sur la premiere foto il y a la cabane des explorateurs Scott et Shackleton(1902).Devant la cabane il y a les restes d'un phoque qu'ils avaient tue pour le manger. Nous attendons un brise glace soit Norvégien soit Russe qui doit arriver vers janvier ou fevrier.

30/10/2004

il a fait une chaleur torride minus 18 C ou bien 0 F devant notre lunatic voisin Erebus. sur le C17 avec notre cargo, les montagnes transantarctic, la mer avec ses crêtes de glace.
J'essaie de rester actif dans ce désert polaire. Je fais du jardinage dans notre serre (tomate, salade, concombre, poivron)


08/11/2007


Terra incognita. Quand je suis sur la banquise j'entends des explosions qui proviennent des profondeurs, un scientiste m'a explique que quelque part très loin un iceberg est entré en collision avec la banquise. quand je suis sur le versant d'Erebus un autre scientiste m'a avertit en cas d'éruption il ne faut pas courir, il faut regarder vers le ciel et si jamais une bombe de lava se dirige vers nous il faut l'esquiver. certaines bombes ont 2 mètres de diamètre. j'ai demande a un astrophysicien "comment pouvez vous étudier l'astronomie il fait jour 24/24" il m'a dit c'est au fond de la glace (3km 4km) que se trouve l'enigma de l'astronomie. il existe des particules (nutrino) qui proviennent d'autres galaxies et nous sommes les produits de ces particules. L'océanographe m'a raconte que les marées de la Mer de Ross n'obéissent pas a la gravite lunaire et solaire Le chasseur de météorites m'a montre la différence entre un météorite lunaire et un météorite martien. Quand je leur raconte l'histoire des gitans, la main de Fatima, l'oeil maléfique, les superstitions de la mer, comment on cure les olives, comment on mange une grenade, les frères Barberousse, la société matriarque des Touaregs etc.. ils m'écoutent comme des enfants. Les scientistes sont des enfants qui continueront tjrs a poser des questions.
Nous attendons le brise glace suédois "Oden" qui arrivera fin janvier pour nous permettre de naviguer. la glace est encore épaisse 2m 3m on peut rouler d'une île a une autre mais plusieurs ont disparu sous la glace(failles) emportées par les courants marins. sur la banquise c'est les crevasses couvertes d'une mince couche de neige ou un nombre de travailleurs ont perdu leur vie. On ne peut pas s'eloigner. Les montagnes Transantarctiques avec leur pics et les volcans dormants nous offrent une vue superbe mais une fois la bas c'est la désolation même pas d'eau à boire. Les gouvernements Aussie et Kiwi nous ont envoye des oranges, des prunes, des fraises, du vin(Noel).
 La serre sent le basilic,la tomate, les poivrons comme au bled. on m'a procure des graines de habanero(poivron très forts) il seront matures bientôt. tout le monde a mange de la salade et des tomates. Dans cette terre du blizzard mes meilleurs potes sont rigolos, l'aumonier militaire et le croquemort(morticien) qui m'a promis de s'occuper de moi. Laissez vos pensées et votre coeur larguer leurs amarres et faire un paseo le long des rues de StAntoine, de Boulanger, Gambetta, la Marine , Choupot, Sananes, Plateau et autres coins a la recherche de votre enfance perdue a jamais.

base scientifique - Barne glacier - Lake Fryxelle  - Mer de glace (Ross) - Mostefa - épaisseur de la glace.
                     

 

10/12/2007


J'ai recu les photos sur l"antarctic elles sont excellentes et je les ai montrées aux copains. Notre internet a une bandwidth très réduite, C'est très lent. Nous avons un relay sur Black Island a côte de nous et ce relay transmet les signaux sur un satellite qui orbite au dessus de l 'équateur. Les satellites passent à la fleur de notre horizon. nous ne sommes pas couverts. Bonnes vacances a côte d'un feu de bois ou cheminée. Pas de bois  dans le coin a part le bois pétrifie des Vallées Sèches.

15/12/2007

Tout se perturbe dans cette terre au stress extrême. le soleil est constamment haut. il est a l'ouest puis au sud puis a l'est puis au nord. Il tourne tjrs autour de nos têtes. difficile a se repérer. difficile pour le moral qui cherche la nuit paisible pour se relaxer. les marées sont perturbées et comme l'atteste certaines scientifiques les cycles menstruels sont également désynchronises. tout tombe en panne sauf notre moulin a rumeurs,

           Mostefa sous la mer de glace...brrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrr. Tu dois regretter les eaux chaudes de kristel

Adélie pinguins - Emperor pinguins - Skua hanging on snow  Maman et bébé phoques

                                                                                              un phoque heureux

             

18/12/2007

Sous la glace de mer.
Temp de l'eau 28f (-2c) les animaux marins sont dotes d'une protéine antigel (Glycol) Le fond est recouvert d'éponges, de nudibranches  et étoiles de mer. les photos nudibranche concombres de mer corail mou ,éponge et morue antarctique éponge volcan et isopode les pinnipèdes c'est les phoques weddell. Il n'existe pas de mammifères terrestres. Le seul animal terrestre est un oiseau  le manchot adélie qui établit son nid entre les roches de Ross Island. L'empereur préfère la glace pour sa nidification. L' adélie et l'empereur sont les seuls habitants permanents. Les Argentins ont envoie une femme enceinte qui a mit au monde un garçon. Cela a été orchestre par le gouvernement pour consolider leur revendication sur un secteur du continent qui n'appartient a nul. Pas besoin de passeport pour entrer dans ce continent. C'est la seule naissance humaine enregistee.
L'eau chaude de la grande bleue me manque avec ses vagues son vent d'ouest tiède, le soleil qui se couche au large de Falcon, le croissant qui reflète sur la...... J'aide le boulanger a faire des biscuits et des gâteaux pour la Noël. On découpe les biscuits en forme de sapins, je lui est propose de couper les biscuits en forme de pingouins les arbres ce n'est pas antarctique. il m'a dit no no il faut respecter l'esprit de la Noël. je lui ai dit oui mais il faut briser cette chaîne de symbolisme il faut que la noël reflète la terre hote. on a continue a se chamailler. Joyeux Noël a toi Joy ta famille et tous tes lecteurs.  

Le ravitaillement...hélico, brise glace, gros porteur, parachutage.

16/01/2008


Poussin Skua. Les vents nous sourient juste pour quelques temps, la glace est poussée vers le large, le brise-glace a réussi une percée vers nous. Le vieux et long hiver est au coin des Montagnes Transantarctiques, je m'inquiète pour ce petit skua que je visite tous les jours même les jours de blizzard. Ses parents sont tjrs a proximité parfois enfouis dans la neige pour échapper aux châtiments de l'impardonnable vent qui vous coupe la peau comme un rasoir.

23/01/2008

Les baleines minki sont arrivées a l'île de Ross. L'hiver approche je prépare mon sac marin.

MERCI

 

 

Le village de Kristel : récit d'Hervé FERNANDEZ

  
Des souvenirs que je garde de mon voyage en Algérie en avril 2005, l’image du village de Kristel est sûrement la plus présente dans mon esprit. Je me dis que si je dois retourner un jour dans cette région du monde, je le devrai en partie à la beauté de ce lieu, à ce hameau de pêcheurs entouré de terrasses fertiles, à ces deux criques-terminus qui tournent le dos à la montagne.
En réalité, je savais très peu de choses sur ce village qui s’organise autour de sa mosquée et de son bassin. Je réalise seulement aujourd’hui que, contrairement à mes habitudes, je ne me suis pas documenté avant mon départ pour l’Algérie. Je ne me suis pas plongé dans la lecture d’un de ces guides de couleur comme j’ai l’habitude de le faire lorsque je pars à l’étranger. Peut-être pensais-je connaître suffisamment Kristel pour en avoir entendu parler depuis toujours. Je savais que mon grand-père Antoine aimait ce lieu si proche de la ferme de Tazout et qu’il y passait volontiers du temps avec les Arabes dont il partageait la langue. C’était aussi l’endroit où mes parents passaient leurs vacances lorsqu’ils étaient enfants. Il faut être clair : tous les enfants gardent un souvenir éternel de ces lieux qui les renvoient à de purs moments de liberté, à ces grands bols d’air qui succèdent aux regards lancés vers les nuages depuis les salles de classe, à ces petites brèches dans les murs du quotidien. Plus tard, à l’âge de Rock, mes parents y viendront le soir, après l’atelier pour Raymond et le bureau de poste pour Annie.
Qu’en est-il aujourd’hui ?


Au premier abord, cet endroit a quelque chose de sincère et respire le calme. Le passé n’est jamais très loin du présent. Vient alors ce qu’aucun guide bleu, rouge ou vert ne mentionnera jamais : le frais des matins encore noirs et silencieux des départs à la pêche quand tout le monde dort, la mer qui se retire sur le sable lisse de la grève, les courses folles dans les descentes escarpées, le bruit du vent dans les roseaux qui séparent les cultures, la peur d’avant les plongeons du haut des rochers, le goût de l’antésite, les cris lointains des enfants qui reculent devant l’ombre des anguilles du bassin, le coeur qui tambourine dans leur poitrine, la rengaine entêtante des cigales pendant la sieste, le retour des barques des pêcheurs et la murène aux couleurs ternies par la nuit qui ondule ses derniers instants sur le quai, le bleu métallique des sardines, les rendez-vous de fin de journée sous le ciel crépuscule.


Le village de Kristel m’aide un peu mieux à comprendre que le bonheur des gens simples, petit peuple métissé d’Algérie qui vivait ou passait par là, n’était pas le fruit de l’« avoir » que commanderait un sentiment de supériorité, mais celui de l’« être » : rencontre, échange et ouverture à l’autre, simple partage de ce que l’on est, dans le dénuement du peu que l’on a.
C’est dans ce village que je peux aujourd’hui situer, avec la précision du GPS, le point de départ de l’exode qu’ont vécu mes parents et beaucoup de leurs amis. C’est par un jeu de miroir, sur l’eau limoneuse de ce bassin que se reflète le mieux le sentiment d’arrachement qui les traverse encore aujourd’hui. A cet endroit même où ont eu lieu leurs retrouvailles en avril 2005 avec Dadi, son frère et avec Mimoun dont le père était l’ami de mon grand-père Antoine.

MERCI

 

 

 

                                   à  Kristel un conte  de Guy Jurado    

  Les personnages (sauf le conducteur du car) et les évènements qui y sont relatés sont de pure fiction. L’auteur a tenté de respecter l’authenticité des autres composants du récit.

 24 juillet 1956,  7 heures 30 …

       Les deux ânes trottinent allègrement malgré la pente et les deux bonbonnes de verre vides enrobées de fines lames de roseau tressées, que chacun transporte dans ses couffins d’alfa battant sur les flans des deux animaux dociles ce jour-là. Kader marche d’un pas assuré derrière eux, songeur, la tête enturbannée et protégée des ardeurs du soleil par un chapeau tressé de paille et de fils de laine colorés, dru et à larges bords, tout racorni par les années, la sueur et les rayons du soleil d’Algérie. Chaque matin, réglé comme une horloge suisse, il accomplit ce parcours qui lui est si familier maintenant. Kader ben Amar, pêcheur de son état, est inquiet en pensant à sa barque presque aussi âgée que lui, échouée en piteux état sur la plage de Sidi Moussa. Hier, une vague sournoise l’a surpris et « ma rascasse » a été drossée sur le rocher allongé affleurant l’eau près du rivage de la crique, alors qu’il rentrait d’une pêche fructueuse au large de la Pointe de l’Aiguille. Les savonnettes, poissons aux teintes mordorées, roses, irisées et changeantes, à la peau soyeuse et glissante comme celle d’une sirène, se sont bien vendues au restaurant chez Faudry, réputé dans toute la région pour ses mets délicats et ses recettes raffinées. Perché, penché presque au raz de la falaise surplombant la crique Tamda, il y règne une atmosphère particulière entretenue par le bruit des fourchettes, la faconde du patron, ponctuée par son tablier blanc mettant en relief son estomac généreux et les cris de joie des yaouleds plongeant du rocher carré situé au-dessous pour aller, certains jours, cueillir avant qu’elles ne touchent le fond, les piécettes lancées par des clients amusés et admiratifs, attablés près des auvents de bois.

     Kader cultive aussi, sur un minuscule lopin de terre entouré de roseaux, des tomates, des poivrons et autres primeurs attendus avec impatience chaque samedi sur le marché du village de Saint-Cloud, situé à l’intérieur des terres à 10 km de là. sur l’axe routier Oran-Arzew. Le petit port de pécheurs de Kristel est constitué de deux criques à l’abri des vents d’est, cernées de jardins potagers. Il s’épanouit au pied de la montagne des Lions. Il a vu naître Kader qui a participé à l’éprouvante et si cruciale campagne d’Italie et qui a retrouvé sa terre natale, son « bled » charmant qu’il n’échangerait pour nul autre dans cette Oranie dont il est fier, creuset où vivent encore en bonne intelligence malgré les évènements, arabes, juifs et européens d’origine espagnole, italienne et bien sûr métropolitaine depuis 1830, pour les européens, jusqu’à nos jours. Revenir ici, à la fin de cette terrible épreuve, avec pour apothéose de l’horreur, Monte Cassino, a été pour lui et les siens, la fin d’un cauchemar qui lui a fait don d’un nouveau regard sur les activités paisibles de sa deuxième existence. Son père et les parents de son père sont aussi nés ici à Kristel. Lui, arbore avec fierté le mince ruban de la Médaille Militaire attribuée le 5 juin 1944 pour sa bravoure à Monte Cassino et celui de la médaille commémorative de la campagne d’Italie.

    La route en lacets monte vers la source d’où jaillit en ce lieu si aride, une eau fraîche et bruissante que viennent régulièrement recueillir  les voyageurs de passage tant sa fraîcheur et son goût sont appréciés. L’autre source, celle du village, est destinée à l’arrosage des jardins potagers mais les piaillements incessants des femmes font préférer à Kader, celle au flan de la montagne bordant la route montant vers St Cloud. Redescendre l’eau vers sa maison de pierres scellées d’argile est moins fatiguant pour ses deux ânes devenus pour lui des compagnons ayant droit à son affection… Kader est inquiet pour son embarcation mais heureux aussi des bienfaits qu’Allah lui prodigue. Ses deux femmes ne lui causent aucun souci et lui ont donné six beaux enfants dont les trois derniers, Rachida, Mouloud et Karim, à qui Fatima a donné le jour, fréquentent encore la petite école primaire à un étage de Kristel, repeinte régulièrement à la chaux teintée de jaune pâle. L’école avec sa rumeur de classes laborieuses, domine une cascade de petites maisons cubiques de pierres sèches ou aux enduits de couleurs pastel, si agréables pour l’œil sur fond des bleus changeants de la mer et du ciel et de la baie offerte jusqu’au Cap Falcon à gauche et jusqu’à la Pointe de l’Aiguille à droite. Ses deux aînées, Larissa et Aïcha occupent chacune un emploi respectable et rémunéré correctement l’une chez un colon de Saint-Cloud, l’autre au bureau de poste d’Arzew. Ali ne sera  pas un modeste pêcheur, peut-être, inch allah, un maître d’école comme le jeune métropolitain célibataire logé à l’école, timide et dévoué, si apprécié des parents, de Monsieur l’Inspecteur Primaire et des enfants et qui rougit chaque fois que des gamines effrontées font mine de vouloir le séduire ! Ali est élève en 1° moderne au Lycée Ardaillon d’Oran. Chaque lundi avant le lever du jour, il emprunte le car de François Marchado qui le mène à Oran pour rejoindre son internat avant la reprise des cours. Oui, Kader est un homme comblé et tout à l’heure, après avoir déchargé la cargaison d’eau, ses épouses rempliront les gargoulettes, les seaux et les bassines de fer blanc et iront déposer un bidon du précieux liquide sur le seuil de la mechta de la vieille Leila devenue quasiment aveugle. Il donnera à manger et parlera à ses deux ânes et ce soir, honorera, cette fois, sa première épouse Khadija devenue si sensuelle, qui attend chaque jour son retour et qui lui a fait promettre ce matin que c’est elle qu’il rejoindrait quand les enfants dormiront. Khadija a tout appris à celle, de dix ans sa cadette qui est arrivée dans la minuscule maison à l’âge de quinze ans, six ans après elle. Fatima et elle se partagent avec sérénité et une intime complicité ce mari qui les traite avec douceur, si différemment de la façon dont leurs pères ont traité leurs mères respectives. A Kristel, les hommes ont la réputation d’être généreux, loyaux et travailleurs. Kader, au contact des français et de tous ses frères d’armes avec qui il a partagé bien des souffrances, est revenu bien changé de cette guerre qui aurait pu le coucher à jamais dans la boue d’Italie ou sur le sol décharné labouré par les bombes, comme tant d’autres frères d’Algérie ou de métropole, marocains, tunisiens et africains de diverses colonies, morts pour cette France à la fois reconnaissante et ingrate pour ses fils d’outremer. Kader est respecté de tous les hommes du village, pécheurs ou maraîchers. Seul Moussa, un berger taciturne entraînant chaque jour ses moutons et ses chèvres depuis les contreforts de l’ancienne mine de fer désaffectée jusqu’aux hauteurs d’Aïn Franin, en parcourant les traces dans le djebel, au-dessus des plus hauts lopins de terre cultivés et clôturés de haies de roseaux, lui jette quand il le croise, des regards sournois et en crachant avec mépris au sol, lui a dit un jour :
               «  Kader, tu es un roumi plus qu’un arabe et tes frères te le feront payer un jour. » Kader, qui pense que ce jeune homme est un peu maboul, lui a répondu aimablement qu’il se trompait et a poursuivi sa route vers sa parcelle de terre pour y arroser avant la nuit ses pieds de tomates et de haricots verts. Hassan a craché à nouveau en lançant un caillou du chemin dans la direction du vieux bouc chargé de ramener les égarés vers le  troupeau et qui s’attardait sur une pousse d’arbousier. Personne ne se soucie de lui et pourtant, certains dimanches, il se rend à Oran en passant par Arcole et rencontre dans un bouge innommable de Petit Lac, bidonville d’Oran, un grand arabe fanatique, hautain et osseux qui se prétend missionné par une personnalité importante venue d’Egypte et vivant à Tunis, pour recruter et former des hommes sans peur désireux, d’après ses dires, de mériter le paradis….

                                                                                   °°°°°°

24 juillet 1956,  5 heures 45 …

Tony, Emilio, Lucien, David et Ali le fils de Kader, s’étaient  promis
solennellement  de passer une journée entière ensemble à la plage de Kristel pendant les grandes vacances. Ce sera le mardi 24 juillet ….c’est à la fois la fête et l’anniversaire de Christine qui passe l’été à Kristel et elle plait tant à Emilio ! La jeune fille de Kléber est interne au Lycée Stéphane Gsell d’Oran, et il la voit souvent lors des promenades surveillées des internes le jeudi après-midi à la promenade de l’Etang ! Les cinq larrons, internes eux aussi à Oran aux Lycées Lamoricière et Ardaillon et amis d’enfance, ont appris à nager ensemble et les premiers émois amoureux, les fou-rires et concours de vitesse à la nage jusqu’au rocher plat ou à l’aplomb du bateau coulé face à la crique, les longues soirées à la belle étoile sur le sable encore tiède, les ont marqués à jamais. Que de plaisir de pratiquer pour la galerie le saut de l’ange ou de la carpe depuis le rocher carré et plus tard de sauter sans peur de la falaise du « Nid de Pierrots » ! Ils forment une équipe soudée composée d’adolescents bravant quelques remarques acides d’adultes bien-pensants de tous bords. Hier après-midi, ils ont établi la liste des affaires à emporter lors d’une réunion tenue au jardin public de Saint-Cloud, assis autour du bassin rond surmonté d’un « mankenpiss » de bronze, …Ne pas oublier maillots, masques et tubas, la corbeille à légumes avec sa chambre à air pour les oursins, les cabacets à attacher sur les porte-bagages des vélos, avec du pain et des mantecaos de chez Annette, la frita au lapin préparée par Maria la mère d’Emilio tôt avant le départ prévu à 6h30 et un couscous spécial pique-nique concocté par Aïcha la sœur d’Ali et qui habite à St Cloud à la ferme Montréal. Lucien s’est présenté avec du raisin muscat de sa treille, un riz au lait à la cannelle de sa grand-mère et du nougat dur d’Espagne. Des briques à l’œuf préparées par Rachel, la mère de David et saucisson sec, soubressade et longanisse achetés par Incarnation, la mère de Tony, sont venus compléter cet assortiment de mets à l’image de la bande de copains. Tomates et figues noires ou vertes et de barbarie seront achetées à Kristel. Un peu d’eau fraîche parfumée à l’antésite ou à la poudre de coco de Calabre pour la première partie du trajet, les gourdes, deux ou trois pour chacun, seront remplies à l’une, deux ou aux trois sources de Kristel à l’aller et au retour  Ce matin, ils se sont levés à cinq heures… les cannes à pêche, un peu de sulfate de cuivre interdit, pour faire émerger les vers de rochers servant d’appâts, le brometche, bouillasse infâme préparée depuis des semaines dans un pot bien fermé, à base de vieux fromages et de sardines pourrissants, à l’odeur repoussante mais indispensable pour attirer le poisson sur la zône de pêche, les démonte-pneus, rustines et dissolution en cas de crevaisons sur la dure route de Kristel. Les vélos sont prêts, pneus bien gonflés, pompe sur le cadre, antiques pour la plupart mais vaillants compagnons de jeunes gens qui affronteront une route escarpée sur les cinq derniers kilomètres, très dangereuse en descente par sa dénivellation, une vieille carcasse rouillée d’automobile des années 40 rappelant aux voyageurs l’accident terrible qui décima une famille en ce lieu, route source de souffrance lors du retour des cyclstes vigoureux, téméraires ou présomptueux. Rares sont ceux, amateurs, capables de remonter cette cote interminable sans mettre pied à terre pour continuer en poussant un vélo devenu de plomb! Aussi, Tony, Ali, David, Lucien et Emilio, fanfaronnent-ils déjà, en se vantant, chacun, d’atteindre le sommet sans défaillance !
           Les voilà partis, pédalant doucement car la route monte dès le départ. L’odeur des pins et le chant des cigales de la forêt de La Source qu’ils longent les enchante et leur rappelle les sorties en famille et les escapades sous les eucalyptus du réservoir d’eau alimentant la bourgade et la chasse aux moineaux, au stack dans les oliviers qui bordent l’oued le plus souvent à sec. Le soleil commence à annoncer ses futures ardeurs. la journée sera belle et les kilomètres se déroulent au rythme des mollets qui se tétanisent. A droite, la route de terre vers la ferme Tazdout et l’ex-four à chaux, s’enfonçant au milieu de lentisques, chênes-verts, palmiers-nains et autres arbousiers. Ce serait un superbe raccourci que ce chemin caillouteux surnommé « un ratico a pie y el otro caminando"qui mène à la ferme. Un jour, Kader avait dit qu’il rêvait de dévaler les pentes abruptes vers la majestueuse plage Santa et son auberge de Jeunesse qui abrite de temps à autre de rares initiés amoureux de ce coin sauvage aux rochers plats nids d’arapèdes et de bigorneaux ! La falaise et l’à-pic des pentes ne permettent même pas d’espérer s’y essayer ! Dommage car la plongée vers le village surmonté de son marabout serait superbement excitante !!
   Le dernier dos d’âne franchi, le panorama de majesté et de beauté qui se présente est à couper le souffle. Tous les cinq ont promis à leurs parents la plus grande prudence pour négocier cette descente en lacets taillés dans une roche aux couleurs mêlées où l’ocre se marie avec toutes les nuances de la palette nature … 

                                                       °°°°°°

                                                                    24 juillet 1956,  8 heures…

      La vieille camionnette grise 203 Peugeot couverte de boue séchée, à l’échappement bruyant et au moteur fumant mais encore vigoureux, parcourt à vitesse mesurée la route partant du faubourg Gambetta d’Oran vers Kristel en passant par Canastel et AÏn-Franïn. Elle croise de temps à autre une 4CV, une Vespa ou une aronde de petit colon se rendant à la plage ou à la pêche et double difficilement par manque de visibilité, quelques carrioles et des ânes chargés de ballots, dans les virages qui se succèdent. Le conducteur semble éviter d’entreprendre des dépassements de véhicules automobiles sur cette route bordée de genêts se découpant sur le bleu aujourd’hui du plus pur outremer, de la Méditerranée piquetée de moutons d’écume immaculée, omniprésente à perte de vue en contrebas. Pourtant la beauté sublime de la baie d’Oran n’intéresse pas les deux hommes. Au volant, le grand osseux qui se fait appeler Tahïeb. A son coté, Moussa recroquevillé sur le siège, emmitouflé comme le conducteur dans une djellaba qui leur remonte jusqu’aux yeux. Ils sont tendus, aux aguets, soucieux de passer inaperçus dans ce véhicule pourtant si commun et aux plaques d’immatriculation illisibles tant la boue séchée les souille. Sous le siège- banquette élimé au skai déchiré formant des verrues de kapok, dans un haillon crasseux maculé de graisse, un pistolet mitrailleur MAT 49, avec son chargeur engagé contenant 22 cartouches de 9mm et sa culasse armée … les gendarmes de St Cloud sont devenus plus zélés depuis le 1° novembre 1954, date de l’embuscade dans les Aurès qui a déclenché les évènements mais l’Oranie est calme et la région de Kristel si tranquille. Alors, les deux complices croient en leur barraka ! Mektoub ! Il y a bien longtemps que Moussa a gravé dans sa mémoire, les moindres habitudes de Kader.  «  Beni cleb, le chaouch des français facilite le travail avec ses habitudes de militaire !» 

 Il a fallu longuement préparer le piège pour arriver à sa hauteur dans le troisième virage avant d’arriver à la source en remontant la cote, là où la visibilité depuis les lacets de la route est nulle. Un sentier proche s’enfonçant dans une faille de la roche permettra d’y planquer le PM après la rafale, … un endroit tellement rocailleux et si sûr !  « L’élimination de ce salaud de Kader sera un avertissement pour tous ceux qui aiment les français ! ». Vingt secondes suffiront, une courte giclée de balles dans le ventre et vite, le sourire kabyle pour le traître et ses deux bourricots, pour le village et les journaux des roumis…   Hassan regarde souvent sa montre... tout va bien.
   « prépare la MAT, souffle Tahïeb !» on arrive … aujourd’hui et à cette heure-ci, peu de circulation… pas de bruit de moteur, c’est bon pour nous. D’ici, on peut voir la route, à part dans ce morceau de virage, là-bas mais une auto ne peut pas s’arrêter à cet endroit.

                                                                                       °°°°°°

 24 juillet 1956,  7 heures 50…

La descente des cinq cyclistes se passe bien, chaque virage est négocié en pros et les semelles de corde des espadrilles s’appuyant sur les pneus viennent fréquemment épauler les patins des freins ! Le soleil darde ses rayons sur les crânes et les épaules courbées. La soif dessèche les palais, la sueur pique les yeux malgré le vent de la vitesse. Emilio crie à ses compagnons : « On s’arrête pour boire, d’accord ? là-bas dans le fossé au creux du prochain virage à gauche, du coté montagne » Personne n’osait le demander aussi la vitesse décroît puis ils mettent pied à terre…  Les gourdes d’aluminium sortent de leurs étuis de toile kaki et chacun boit longuement à la régalade. Emilio a sorti une bota qui suscite chaque fois les quolibets   « como te parece tu vino rosado, caracol borracho ? » mais il n’en n’a cure et sa gorge déglutit comme un ressac sans qu’une goutte d’eau fraîche du jet courbe sous pression ne coule sur son visage, son cou ou son torse bronzé luisant de sueur !   Après un quart d’heure, le signal du départ est donné et la file indienne se reforme…en sortant du virage, Ali pousse un cri de joie    « regardez ! là, c’est mon père avec ses bourricots ! » 

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 24 juillet 1956,  8 heures 08… 

 Tout se passe si vite que Kader, Tony, Emilio, Lucien, David et Ali,  semblent assister à la projection d’un film surexposé projeté au ralenti ... Personne n’a vu ni entendu arriver le camion, moteur coupé, lancé dans une course folle… le chauffeur, bouche ouverte dans un cri muet, hurle à l’attention des enfants et de Kader… pour tenter d’éviter le groupe, il fait rugir ses pneus en braquant brutalement à gauche vers le ravin … le bruit du moteur de la camionnette proche qui monte est à peine audible quand elle apparaît face au nez du vieux GMC américain datant de la dernière guerre et chargé de trois grands fûts d’essence … derrière le pare-brise, deux djellabas s’envolent et les yeux exorbités font pendant au rictus du chauffeur du poids lourd …. Le choc est assourdissant, d’une violence inouïe, des fragments de la 203 volent dans la direction du groupe qui reste hébété… David réagit en plongeant vers le fossé….Kader a compris en une fraction de seconde et plaque au sol, avec brutalité mais efficacité, les garçons heureusement regroupés. Du ventre ouvert d’un âne resté immobile sur ses pattes, sont en train de s’écouler sur le macadam chaud, des entrailles à l’odeur âcre…Le GMC disparaît dans le ravin derrière la 203 qui glisse puis rebonditsur la pente…le crépitement d’une longue rafale d’arme automatique couvre pendant un court instant les plaintes des tôles broyées et de la mécanique tyrannisée …bien plus bas dans le ravin, une longue flamme fuse, précédant l’explosion énorme qui embrase les deux véhicules et envoie vers le ciel une gerbe de cailloux, de roches et de tôles fumantes… Kader a compris en reconnaissant Moussa, que la rafale lui était destinée et l’épouvante lui glace le sang en réalisant que son fils et ses amis y auraient aussi eu droit !        Ce matin, une page sombre de l’histoire de Kristel, de Kader et du groupe d’amis vient de s’écrire.

    Capesterre 19 janvier 2008  

   Merci Guy pour ces belles cartes anciennes et rares

Kristel en 1955, devant la villa Dussordet dont mes parents avaient loué le rez-de-chaussée pour les vacances d'été. Ma soeur Jeannine et moi en partance pour la pèche dans la crique de Sidi Moussa, pêche sous-marine avec un fusil de ma fabrication (!) et la corbeille pour la "cueillette des oursins " Pas très épais le pêcheur

MERCI

 

CAP ROUX

Le Cap Roux n'était accessible que par un sentier à l'est de Canastel ou par mer. Nous allions en bateau, du petit port pour nous baigner pendant que les hommes péchaient autour du bateau coulé en ciment. Il y avait 18 cabanons. Je me souviens que mon Père et Yvon Laffargue, en péchant au harpon croisaient souvent des requins et veillaient l'un sur l'autre Jocelyne.E

 

Voici le récit d' Antoine ALONZO résident, dans son enfance, du Cap Roux

Nous avions un cabanon au Cap Roux où nous passions toutes nos vacances
Nous partions avec la 202 le vendredi soir après le travail de mon beau père (Roger Amoretti ) nous passions par Canastel et prenions un sentier. Arrivés en haut de la falaise nous descendions la montagne et  mettions 1h à1h30 jusqu'aux cabanons. le dimanche soir nous faisions la route inverse 3h de grimpette. Les cabanons étaient à 1,50m du bord de l'eau. J'ai appris à nager avant de savoir marcher. Le bateau coulé nous l'appelions "le bateau en ciment" .Mes petits copains et moi allions en barque jusqu'au bateau et nous nous mettions à pécher puis nous faisions des concours de plongée. Nous jetions une pierre et à tour de rôle nous allions la ramasser à environ 7m de profondeur. Pour l'eau douce nous avions tous des citernes en ciment et nous recueillions les eaux de pluie. Nous nous éclairions avec des lampes à carbure.

Je me souviens de certains noms de propriétaires : Castiglia, Ramirez, Bely, Luglia, (avocat) Betnot (propriétaire du sablier qui traversait chaque jour la baie pour aspirer le sable du côté de Kristel)

Voilà Jocelyne, en racontant cela j'avais les larmes aux yeux  (11.avril 2007)

 

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Puis le récit de René BELMUDES de Bel Air

Quand j'étais gamin nous passions tous les étés quelques jours voire semaines au cabanon de mon oncle Raphael GARCIA, au Cap Roux.
Nous y allions soit avec sa moto avec side car (il faisait plusieurs voyages) soit avec le camion de la vinaigrerie oranaise que son patron lui prêtait aimablement
Dans mon très jeune âge mon oncle me descendait sur ses épaules....par la suite bien sûr je faisais le dur chemin sur mes petites jambes.
Le cabanon avait deux pièces, une principale où mon oncle rentrait sa barque l'hiver et une chambre.
La première chose que nous faisions en arrivant au cabanon et après avoir déchargé toutes les victuailles pour tenir quelques jours... c'etait d'aller à la plage en direction d'Aïn Franin pour remplir de varech les housses qui nous servaient de matelas. Gare à celui qui y allait sans chaussures....les galets étaient brûlants !!! Ensuite bien sûr baignade, pêche etc... pendant que les adultes s'affairaient pour l'installation. Au fond du cabanon mon oncle avait construit une citerne pour recueillir l'eau de pluie... mais quand l'eau venait à manquer nous traversions la baie  pour remplir nos bidons à la source d'eau chaude d'Aïn Franin. En cours de séjour mon oncle et mes aînés remontaient en ville plusieurs fois pour réapprovisionner la tribu en pain frais etc....
Mon oncle pêchait à la palangrotte mais surtout à la traîne aux abords du "bateau anglais" (les planches récupérées sur ce bateau avaient servi à construire en partie le cabanon) coulé au fond de la baie et dont seule la partie arrière émergeait. Je l'accompagnais souvent et nous ne revenions jamais bredouille. C'est depuis mon plus jeune âge que j'adore le poisson. Le soir nous attrapions les crabes à la lampe dans les rochers pour agrémenter le bouillon du caldéro.
Bref c'était le bonheur complet surtout pour les enfants.
La dernière fois que je suis descendu au cabanon c'était en 1960...j'avais donc 18 ans, j'étais avec mon frère et mon beau frère de six ans mes aînés. Nous avions juste descendu du pain de l'eau des cigarettes (à l'époque nous fumions) et du café sans oublier bien sûr nos harpons, masques et tubas. Le reste la mer nous l'a fourni pendant notre séjour de 3 jours... heureuse époque où le poisson était abondant !!!

plage du cap roux avec bateau en ciment

 

DE GAMBETTA A CANASTEL -

PEDREGAL -CUEVA - NAVALVILLE - tejera

 

 

TEJERA

récit de Pierrot DE SAINTPIERRE

C'est exact, la route (bord de mer) Gambetta-Téjéra a été bitumée vers 58..(c'est si loin !!).
Elle commençait à la sortie de Gambetta, derrière le camp militaire, "à la batterie Espagnole" , coté mer,puis se dirigeait vers l'Est, sur un plateau d'altitude 60/80m, alors que la route d' "Aïn Franïn" était sur la falaise à 190m du niveau de la mer (vol à voile, Fernandville....).
Pour l'histoire, il est certain que les Phéniciens ,puis les Carthaginois, (en vacances ou comme conquérants) se sont arrêtés à Aïn Franïn, (Miami Beach de l'antiquité).Ce qui est sûr,aussi, c'est que les Romains venaient à la Téjéra.(je pense même  qu'ils allaient chercher des bêtes sauvages au "Djebel Khar, des lions sûrement , pour leurs jeux à Rome.....! ! ! ...) 
Sur de très vieilles cartes d'Oran et ses environs ,j'avais relevé une "voie Romaine"qui partait de la "batterie du ravin blanc" ,passait  au dessus des "Genêts" pour se terminer à 200m de la "Téjéra".
Ces braves Romains venaient exploiter une veine d'argile ( Tegula) pour réaliser des amphores, des tuiles, des briques, ...des glaises peut être  pour les bains d'Oran et relatives à des traitements de la peau.
La société Lafarge,vers 1900, était propriétaire du terrain allant de la batterie espagnole à la "Téjéra" et peut être même jusqu'à Aïn Franin. ( je n'ai pas mes archives sous la main) Cette société avait une briqueterie à la "Téjéra", que j'ai vue (j'ai vu les ruines en 50/60 , un pan de mur résistait au temps... !)Je crois même que cette société exploitait le sédiment à (vers) Miami beach  ( Aïn Franïn ! ), pour la construction de monuments à Oran (la Banque d'Algérie au  Bd Clémenceau et la cathédrale d'Oran ....à ma connaissance  )
En partant de la pointe Blanche, falaises de Gambetta, au dessus de l'entrée du port d'Oran, et en se dirigeant vers l'Est, on rencontre les lieux dits:(de mémoire...)
La Cueva del agua, (un Oranais en parle très bien sur un site ?)
Navale-ville (ou navalville ?)  (la patrie de Tarambana)
La batterie Espagnole
Le Bar Ranco la Gotta (ou bar Rancho las gotas ?)
Les Genêts
La Téjéra (cadastrée: Fernandville-Plage )
La falaise de Canastel
Le cap Roux
On ne pouvait , pratiquement, pas aller de la "Téjéra" vers Canastel par le bord de mer.
Pour rejoindre une petite crique à 400m vers l'Est, dite "plage des bouchons",c'était une expédition, dangereuse.  Alors vers Canastel ...l'Enfer..!  
Pardon d'être si bavard!! Je l'étais déjà à Jean macé et à la Téjéra aussi.
Amitiés oranaises Pierre DeSaintPierre
  dit Pierrot de la Tejera  (le St Tropez d'Oran)

N'ayant pas de pudeur à  dire que le Saint Tropez Oranais ....c'est là !
Cette photo a été prise du "rocher de Reitch" (à l'orthographe excusée ).
Le "rocher du milieu" mondialement connu pour les guerres  d'invasion.
En face , les miss au "bronzage".
Derrière , la "suceuse", qui venait extraire le sable , devant la source ,et qui courrouçait nos parents ....et le garde ! !

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conversation entre Pierrot et René rejoints par Gaby  :

Pierrot - "C'est ma mémoire qui parle et malheureusement ceux qui ont connu et vécu fortement ces lieux ne sont plus là. Cela ne fait rien, les derniers héritiers vont s'échanger les petits souvenirs afin que vive notre passé.
Entre la Téjéra et le Cap Roux il doit y avoir 2 à 3 kms. Par la côte , pour y aller, le plus simple c'est de s'appeler Jésus et marcher sur l'eau... sinon mission impossible. La Carlanca ce n'est pas la plage des bouchons ."
René - "la Carlanca était assez proche du cabanon et donc du Cap Roux et nous y allions en bateau pour ramener le plus possible de bois pour la paella et le caldéro !!!"
Pierrot - "Lorsque mon père revenait de la pêche avec son Bateau (à rames), et lorsque la mer était d'huile, les filles m'imploraient de les balader et leur faire un tour en mer.Nous étions  5ou 6 dans  cette coque de noix, à la limite  de couler, et nous faisions la cote jusqu'au Cap Roux et le Pierrot ramait à l'aller et au retour. Je ne te dis pas les ampoules qui germaient sur les  mains du jeune Coq....C'est pour cela que je n'ai jamais pu travailler   ! ! ! !    Amen"
Gaby -"tu ne connais pas la Tejera? alors tu ne connais rien
je me souviens de l'os de baleine qui se trouvait prés de la source d'eau douce qui traversait la propriété de mr Secourgeon. Nous avions un cabanon à la tejera dans les années 40 et avant même. Il y avait même un abri de bateau en ciment et en bois dans la crique située au pied de la coulée de terre glaise de couleur verte. Mon père avait construit un cabanon avec monsieur Canton"
Pierrot -"C'est exact. il y avait entre la source et la palissade de "RETCH", sur le chemin, un os "dit de "Baleine" qui au demeurant nous servait de Banc en attendant notre tour ....d'eau douce.
Cette os était la demie mâchoire inférieure d'un cétacé (baleine ou cachalot ? ) c'est à dire sa mandibule avec son condyle ( je me souviens encore de son extrémité avec la  partie arrondie ) .je n'ose pas, 50 ans après, donner une dimension ...(3 mètres peut être )
Une source naissait dans le jardin des "Retch"...sous forme de petit ruisseau,( de 50m de long !) le traversait, puis quittait la propriété pour se jeter sur les rochers , dans la mer. Ruisseau où poussaient des bananiers proches d'un énorme Pigeonnier Chaque année , des "cabanonniers" se dévouaient pour faire les travaux d' un grand bassin dans le copropriété des "Retch" afin de réguler le débit de sortie de l'eau. Un (ou deux grands tuyaux) pour l'exploitation  était installé. C'était la solidarité de l'époque. Sur la plage il y avait deux abris de bateaux. L'un sur le rocher de "Martinez" l'autre sur le "rocher de Retch". Sur la photo jointe, en arrière plan, une partie de ce "rocher de Retch" avec au dessus , le garage du bateau. (au 1er plan Delon !)Rocher qui laissait en admiration les Miss de la Téjéra , lorsque mon ami François faisait les plongeons à la Tarzan."
Pierrot - "Le Dimanche, nous prenions, l'avenue de Guynemer, la ferme à "la Bolla" et route de Kristel (dans la chanson! ! 3km à pied ça use,ça use les souliers ! ! !....) Au vol à voile , on bifurquait par la falaise vers la Téjéra. J'avais deux mois ,en juillet 43, lorsque mon père mettait mes "petons "dans la grande bleue à la Téjéra. Certains reçoivent l'esprit saint par la tête !!  Moi c'est par les pieds !!! C'est sûrement pour cela que la Téjéra hante mes souvenirs. Depuis 62 j'ai vu des plages dans le Monde et dans la mère Patrie. Mais aucune n'avait "l'âme" de la Téjéra. En visitant les sites de mes compatriotes, un mot,une expression un souvenir me montre la chaleur, le lien très fort que nous avons avec notre terre, nos plages, même si elles ne possédaient pas.... de promenade des Anglais...."
Pierrot - Avant que notre mémoire ne se ramollisse, mettons sur le papier nos souvenirs , même flous. Je pense que les premiers cabanons à la Tajéra datent de l'époque ou la Briqueterie "Lafarge" fonctionnait à plein régime. Les ouvriers venaient de Fernandville par le chemin de mulets , sur le versant de la falaise, ou de "Gambetta-village" par les genets. Lorsque la société Lafarge (SNACL) a obtenu des concessions plus riches et plus économiques , Elle a abandonné cette Briqueterie (Dans les conversations et suivant les Origines des cabanonniers on l'appelait: Téjéra ou FernandVille-plage, ou les tuileries ).En 1950, la majorité des cabanonniers étaient de Gambetta ,voir de l'Est d'Oran. Le "Boum" sur la Téjéra s'est fait dans les années 35/36. C'est avec Carra, Moriqué, les frères Martin, Macario, ses amis et Pécheurs émérites, que mon père(1910)  a construit son 1er cabanon, à la terre Glaise, face à la mer. Mais un Hiver de pluie et de Grand vent le cabanon est parti. Il en a reconstruit un second, au même endroit. Mais en 43, à l'arrivée des Américains, lorsqu'ils ont installé leur batterie à Fernandville et qu'ils descendaient se baigner à la Téjéra, on ne sait pourquoi beaucoup de Cabanons ont pris feu ! ! 3ème reconstruction.... En dessous de  chez Grimal,... et en 62/63 les Maures ont démonté le cabanon pour faire des gourbis à FernandVille. Certains témoins des années 2005 ,m'ont dit qu'il ne restait que les dalles de ciment des chambres et de la véranda, les deux figuiers du jardin (où  je mettais les caméléons) et les tamaris dont les pouces provenaient de la "source". Pour l'Histoire, afin de ne pas avoir une forte densité de cabanons, la Société Lafarge en a limité le nombre,( je crois une centaine ) ,et a  établi dès 1949, des Baux de location du terrain. Ainsi les cabanonniers payaient un loyer de 3frs/le m2 par an ( en comparaison, 35frs/kg de pain, Echo d'Oran 10frs, 15frs le timbre poste) Sans compter les charges ...de gardiennage, de réfection de la source, de la plage ( ils avaient fait,de leurs sueurs, un quai !....comme à St Trop)...Le treuil pour monter les bateaux...(Il y avait un Syndicat des cabanonniers.Mon père trésorier, allait donner le timbre chaque année...tu as dû le voir !)
Jocelyne - qui est ce beau DELON de la Téjéra de St Trop?

 

     Delon de la Téjéra- le garage a bateau - la source

Photo prise de la Tejera, par Pierrot, en des temps antédiluviens, avec son kodak à soufflet
c'était pas la peine d'aller à la Pointe du Raz!!!!!

et une autre de Pierrot. Il faudra que ceux qui les reconnaissent me donnent les noms. merci

De - Pierrot à François - J'ai enfin mis la main sur une petite partie des 'Miss' de 'Tuilerie-Plage'.
Tu devrais en reconnaître quelques unes. Au milieu , je pense que c'est la fille Grimal ?
Ce jour là  je n'avais pas mis mon 'Pento'...mais ..Aldo quand même....Je me demande si cette photo n'a pas fait la une de 'Ciné-monde'. Yvon ne me dis pas qu'à la 'Cueva' , vous aviez de tels play-boys ?
A coté de moi, Mario Guyon. Un des 'boys', manou(?) de Gambetta peut être. On va lancer l'Avis de recherche
 

famille Gaby JAUBERT à la Tejera (a gauche le père puis Mr SOTTO, son beau-frère, juanico Berbegual, en blanc avec la cane à pèche Gaby et Yvette Sotto)
sur la pastera "la goualeuse" prête à l'embarquement pour cythère

 

Pierrot - C'est la 'ferme à la BOLA' ou la 'ferme de la Bola' qui se trouvait en haut de Gambetta, au dessus de Courbet. C'était le point culminant de la ville d'Oran-Est.
De mémoire , historiquement, les messages ORAN-Alger, (vers 1850) étaient transmis avec le fameux télégraphe de 'Chappe'.
on trouve une station télégraphique à la montagne des lions (Maison forestière-télégraphe de Kahar) .une autre station à la ferme à la Bola (station Télégraphique d'Houdja) .Les messages étaient transmis visuellement par des positions de  bras.(cf.photo jointe)
Un message (petit message) partant d'Alger arrivait 6mn après à Oran ,en passant par une bonne trentaine de Stations.
Lorsque les Oranais ont inventé la bilotcha (???) nos amis de Gambetta allaient faire voler leurs créations sur les terres de la ferme à la Bola...(dont je ne connais pas l'origine du nom .la Boule !!!??? ).
Enfant, lorsque nous allions à la Téjéra par la route d'Aïn Franin, arrivés à la ferme à la Bola, nous entamions avec notre trottinette, la longue descente vers Fernand ville . Le retour était moins joyeux.
Mais les indigènes de Gambetta évoqueront de bien meilleurs souvenirs que les miens !!!! 
 

Pierrot - toujours avec mon Kodak , à soufflet, photo prise en 54 (environ)
Yvon ! avec la loupe et sans les "pixels" tu dois apercevoir la "cueva"
Lorsque le vent de la mer, poussait le panache de fumée sur la ville, les Oranaises enlevaient vite le linge des terrasses et ...pestaient pendant des heures...(pas pour la couche d'ozone )
René - Super ta photo !!!On voit bien la route du port avec un camion Berliet si je ne m'abuse....et un trafic fluide! L'usine que je longeais entre la falaise et le mur d'enceinte, (il y avait un rebord au dessus du caniveau qui récupérait le pluvial) pour aller me baigner au pédrégal qu'on voit au fond. Pour l'anecdote : sur la falaise il y avait un dépôt qui était géré par la pyro, avec un gardien algérien....pour sécuriser le dépôt l'administration lui avait attribué un berger allemand, sans doute un chien militaire réformé...(...)Pour finir le menuisier de la pyro avait été chargé de fabriquer une niche pour ce chien, il s'était acquitté de sa tâche avec un très grand professionnalisme....le hic c'est que la niche ne pouvait pas sortir de l'atelier, et pour cause....elle aurait pu abriter un âne !!!
Pierrot - je note l'anecdote... mais si la niche a été mal conçue, ce n'est pas la faute du menuisier (mon père était menuisier au  CFA) mais c'est la faute du bureau d'études... c'est connu... et du chef , cela va de soi.
Devant l'usine , il y a des hangars !je ne les ai pas gardés en mémoire.  Étaient ils à l'EGA ?  à l'école des arpétes ???
Voila un nouveau feuilleton qui démarre 
René - Il me semble que c'était les ateliers de le DCAN....en tous cas il y en avait dans ce secteur et les arpètes étaient là avant que n'existe Dar Beïda !!
Jocelyne - Au-dessus de la cheminée on voit un terrain plat avec des habitations. Quel était le nom de ce lieu?
Pierrot - Les indigènes de Gambetta pourront te donner de plus amples renseignements que les miens.
Derrière la cheminée, les constructions sont celles de la "batterie du ravin blanc". c'était un point militaire (sûrement des années antérieures à 1850 ) qui protégeait l'entrée du port d'Oran. Au bout de la falaise ,la 'Punta Blanca' et en dessous le 'pédrégal' très connu des pêcheurs. Je crois que c'est, à cet endroit ,qu'il y avait un Cabanon -Guinguette où dans les temps très anciens, le pistolet faisait loi
Sur la droite du plateau, une masse tubulaire sombre.. c'est la cheminée de l'usine à gaz
Les constructions (devant la montagne des lions) sont celles de Gambetta-Falaises (place fontanelle) ou peut être l'usine électrique.
Les Oraniens (toujours dans les années 1850) se sont passionnés pour les chevaux. La qualité des élevages est extraordinaire. Le dimanche, l'Oranie vient voir sur cette esplanade de la' pointe blanche', les étalons des haras de Mostaganem, de Sidi-bel-abbès,Tiaret, Relizane....On construit le premier Hippodrome (sur le terrain de Gambetta -Falaises ).ce n'est que bien plus tard, que l'hippodrome fut déplacé à Saint Eugène.
Le public est ravi des Fantasias, puis des courses de chevaux ( Grand prix de la ville d'Oran en 1870 je crois...) Et comme il y avait des courses , il y avait aussi des paris. Les gens miséreux , beaucoup d' ouvriers espagnols, arabes, militaires,cherchaient la fortune... En fin de journée, ayant tout perdu, il se jetaient, pour certains de la falaise.. .de la 'punta Blanca'.
Je vais demander à Yvon, député-maire de la place Fontanelle, s'il possède un historique de Gambetta-Falaises
Pierrot - les trois hangars que l'on voit devant l'usine, sont les ateliers de mécanique, de chaudronnerie, de ..(?), appartenant à la DCAN (direction des constructions et armes navales) .
La direction et les ateliers sont partis à Mers-el-Kébir (abri anti nucléaire ) vers 1958/59, libérant ainsi le quai, et le port (les docks étaient placés. .vers "ICI LA FRANCE"
C'est un manœuvrier de Boulanger (on peut lui faire confiance),sur le remorqueur Rhinocéros, qui m'a raconté l'épopée du transport du Dock d'Oran à Kébir.. mais c'est un autre feuilleton

René - Je connais la fin des docks d'Oran.....je les ai pétardés en 1976 ou 1977 à Tahiti, ils reposent maintenant par 3000 m de fond

                                                                                 Photos envoyées par Pierrot et Yvon

Jocelyne - avait demandé à Tarambana  (Roger Monbrun) de lui décrire où se situait Navalville
Tarambana - Tu m'interrogeais un jour sur la Cueva l'Agua (oubliez le "de" pour être "in") et Navalville. C'est bien la Cueva... et Navalville commence juste en bas de la photo; on devine la voie rapide et abrupte qui conduisait de la réplacette au sommet de la falaise. C'est au pied du grand éboulement que nous montre la photo 1 que se regroupaient la plupart des cabanons de la Cueva. Entre les deux tu apprécieras la qualité des eaux plus que douteuses  que nous valait le débouché des égouts d'Oran
Mostefa Badis - Cueva de l' agua ou bien Cova pour les intimes
Echelle Beaufort Bravissimo Solange. Si une île était proche alors on allait nous réfugier dans le côté sous le vent, le cas contraire, il faut réduire la vitesse de croisière et louvoyer. Nous avons tous affronté des tempêtes (mariage, trahison, finances, séparations, décès...)  C'est dans ces crises  qu'on distingue un brillant Raïs (capitaine). Voilà plus de 45 ans que je porte avec fierté les restes d'épines d'oursins dans mon pied droit que j'ai récolté  aux "Genets" . Les oursins des alentours de COVA sont différents des oursins de Kristel au point de vue toxine. Pour atteindre COVA, soit on traversait le Ravin Blanc (il fallait distraire le gardien d'EGA) soit on descendait la falaise abrupte de Gambetta. Pour atteindre les Genets on prenait un sentier qui partait de Courbet. Certains gamins, des vrais oursins faisaient la loi dans ces rivages déshérités. J'ai connu Badeche, Le Phoque, Poulpou, Bounakar (araignée de mer) et attention à Hameçon voleur. Il existe encore un pacte maritime entre les gamins de Sidi Moussa et les gamins de COVA.

Le Pedregal

Tarambana - Sur le bord gauche de la photo du pédrégal, commence le début du grand camino menant à la Cueva et à Navalville; on aperçoit un des premiers lacets. Cette grande assise massive qui t'intrigue derrière la cheminée du ravin blanc est une des bases d'atterrissage des extra-terrestres, dont je descends d'ailleurs.

 

Photos de Lucien PRECISO transmises par Solange Jaubert
Voila   j'ai  trouve  la  tic  tac  ça  c'est  la  cueva   avec  le  noms  des   pierres  !!  lapiedra  barco !!  i  el  boujadi  !!!   el  moye  !!!  el  pico  !!!  el   matiyo     ça  c'est  un  essai    Gaby  doit  connaître

 

CANASTEL

 

 

Le Dimanche, pendant que les autres allaient au bain, nous étions de corvée de messe. Nous partions Pierre, Ninou et moi, avec Paulette dans sa 2CV pour Canastel où nous
assistions à la messe en plain air. Pierre était furibond et nous, les filles,  n'avions d'yeux que pour les enfants de coeur : Jean-Charles Mari et son cousin Claude. Moutron. 

                                                                                                                                    Le Vol à voile - les planeurs          

 

 

 

saint cloud

 

                                                                                                                              Merci à Maurice FURIC  juin 07

 

 


 

PORT-AUX-POULES

Poème de Micheline BORDY-JAEGER - De Saint Cloud et Port-Aux-Poules

...Et quelquefois, le soir, seulement, on entendait
le clapotis léger de la mer assoupie.
Quant l'air autour de nous, immobile se faisait
Les sons se propageaient cristallins et précis.
Et les éclats de rire des groupes rassemblés
Sur le sable encore tiède, semblaient une mélodie
Insouciante et joyeuse, vibrante et spontanée
Qui repoussaient bien loin les plus tristes pensées.
Et, par-delà la sombre étendue constellée
Des paillettes argentées, on voyait au lointain
Les lueurs diffuses des feux de Carthagène
Comme un mirage venu du désert africain...
Car il m'en faut si peu pour que je me souvienne!
Et, à cet instant, là, mon esprit torturé
Comme un oiseau blessé au vol désordonné
Recherche avec angoisse une issue à mon mal.
Et las de se heurter au douloureux final
Il ne lui reste plus, sans cesse, qu'à récréer
Les instants disparus qui firent son passé

Murcia - Janvier 2007

Quel talent!!!!!

 

 

ARZEw

Vues d'Avion par Yan  Arthus Bertrand : la rade d'Arzew et les Salins

La fête d’Arzew …, le 15 Août, pendant que les parents étaient insallés sur la grande place où se donnait le bal, nous allions faire de l’auto-tampon et nous faisions des courses poursuite dont le but était de donner ou recevoir des coups d'espadrilles,  nous écumions les baraques foraines et  nous faisions des parties de cache-cache sur les balles d'alfa déposées au port ; ça sentait la barbe à papa, les beignets et les pétards… et cela finissait par un grand feu d’artifice sur le port et la plage sous les flonflons du bal.

 

 

Pierre Laffargue. me disait qu’ils allaient dans les stands de tir et qu’Henri mordait le bout de sa balle, afin de le rendre plus rugueux et ainsi la ficelle qui retenait la bouteille de champagne, se coupait plus facilement
Les Laffargue montaient dans notre voiture et les autres dans le fourgon tôlé, nous passions par Kristel et St Cloud.

Le matin du 15 Août, après une messe solennelle, la Vierge était hissée sur un camion, et une procession se formait :  marins,  enfants, et une foule immense partaient de l'église jusqu'au port où tous les bateaux des pêcheurs enguirlandés saluaient Notre Mère en chantant ses louanges

Merci à Céline et Nicolas du site : http://www.arzeweb.com

La Fontaine des gazelles

Le Phare d'Arzew. J.P Taddei

En évoquant Arzew (alsa el peo que ving d'arzeo) (( pied alerte car je viens d'arzew)correction et traduction de Céline et Nicolas du site Arzweb ) (et de JF Femenia (Cissou (pas sept))et la Fontaine des Gazelles… Nombreux arzeviens étaient d'origine valencienne ainsi que dans le village d'Arcole (Cissou)

une anecdote…  Papa était parti à la pêche avec les garçons dans la 402 (à manivelle), au moment du retour …plus d’eau dans le moteur…Papa les fit tous pisser dans le radiateur ; et cette anecdote s’est reproduite plusieurs fois.

 

 

LA CORNICHE

 

 

 

J'ai retrouvé cette carte dans mes archives

Touché....j'ai les larmes aux yeux du seul plaisir de relire un tel document !  Sans importance pour ceux qui ne connaissent pas....une trace indélébile du passé de ceux qui connaissent, avec les images qui tournent en boucle dans nos mémoires qui s'affaiblissent comme baissent les lueurs incomparables d'un exceptionnel coucher de soleil...S'agit-il d'une "carte de membre", pour les fêtes de la Pinède ? Je me pose d'autres questions questions : était-elle payante ? si oui combien fallait-il payer pour l'obtenir ? pour une soirée précise ? pour l'été ? s'agissait-il simplement d'une "carte de visite" remise gratuitement pour rappeler que...?. Le fait est qu'en 62 il n'y avait plus de soirée festive à la Pinède depuis plusieurs années !  Je pense qu'elle devait être utiliser dans la période des années 1950 / 60, car en 57, 58 et 59, je me souviens avoir assisté à des fêtes, en faisant partie des figurants (pour la "soirée de la mer" j'étais déguisé en poisson !!!).

Michel Salanon.

 

l'allée des villas, le premier toit rouge en descendant : villa Camallonga

L'Hotel Salanon (c'est super!!! Merci Robert) et la villa Camallonga (ma grand Mère) à sa droite

Rocher de la vieille

                                  

                                                                                         Aïn El Turck 2005 (Y.A.Bertrand) (méconnaissable) 

04.11.1964 dernières vues avant le grand départ

Après la fusillade de 1958 sur la route d'Aïn Franin, nous y allions quelques fois le dimanche mais n'y couchions plus. Seuls les garçons y séjournaient. Pendant nos absences, des vandales ont commencé leur oeuvre de destruction, (meubles, boiseries, tuiles, carrelages...) enfin, ils n'ont laissé que murs délabrés, (nous aurions mieux accepté une occupation qu'une destruction!!!).
Pour les vacances nous allions à Aïn El Turck chez ma Grand Mère jusqu'en 1963. En 1964, travaillant pour l'Armée Française, nous avions une villa de fonction à Bouisseville mitoyenne au cours de tennis., jusqu'à notre départ en nov 1964

 

Villa de Grand-Mère Camallonga. Ain El Turck

photos prises de la villa

 

 

st Roch

De StRoc au Cap Falcon

 

Cap Falcon avant 1962

 Bousfer

les corales

Madag - RACHIDA

MERS-EL-KEBIR

St Christophe

Roseville

Sainte Clotilde

 

                                                                                                                                                                                                                                                        

contact@ouad.net                          voir son site             www.ouad.net   un poète chanteur

Manuscrit d'OuaD, extrait du "GRAND DOUAR"  paru dernièrement (tapez "OUADDA le grand douar" ( sur GOOGLE)

Dix huit années s'étaient écoulées depuis que j'étais rapidement parti par avion de la "Sénia", aéroport d'Oran, vers celui de Marseille "Marignane". J'avais à peine vingt ans, l'esprit assoiffé de conquêtes et de liberté.

J'appréhendais souvent cet ultime moment de retour au bercail durant mon indéfinissable existence en Europe. Mes pensées me permettaient d'imaginer toutes les situations possibles de rencontres avec mes proches, accommodées de leurs sensations respectives. J'offrais virtuellement ma présence aux personnes que j'avais bien connu, à toute ma famille, à mes chers camarades de classe me témoignant par leurs sourires chaleureux et leurs amusantes brimades, une réelle amitié.

La silhouette de Santa Cruz, basilique située sur le prolongement de la Montagne du Murdjadjo surplombant la ville, apparaissait au fur et à mesure que les minutes passaient.

J'étais à deux doigts du choc de ma vie.

Pendant ce temps, l'ensemble des éléments s'éclaircissaient devant mes yeux noyés de larmes retenues à l'égard des quelques personnes qui se tenaient debout à côté de moi pour admirer manifestement le paysage. La petite brise qui nous fouettait le visage, provoquée par la vive avancée du navire, m'aidait à cacher mon émotion. J’essuyais subrepticement mes yeux brouillés de larmes du revers de la main.

Tout était miraculeusement planté là devant moi, les formes et la silhouette du relief côtier me paraissaient avec surprise agréablement familiers et resteront à jamais gravés dans ma mémoire. Rien dans l'ensemble ne semblait avoir changé. A droite, la baie de Mers El Kébir me témoignait son hospitalité par ses scintillantes et innombrables petites lumières désignant une existence régulière et ininterrompue malgré mon absence en ces lieux. Cette impression de vie semblait demeurer avec constance toujours aussi différente de celle que je désirais absolument vivre jadis à l'étranger.

Un peu plus loin, sur l'autre baie formée en demi croissant de lune, l'indispensable Cap Falcon me saluait de son éternel phare. Il me signalait de son foyer lumineux et régulier qu'au sein de sa rassurante tutelle se trouvait la présence de mes parents, nichés dans son flan à quelques kilomètres en deçà d'Aïn El Turc, principale commune de la corniche oranaise.

Devant nous, l'interminable jetée marquait les limites de l'espace maritime, séparant le monde occidental situé au-delà à des centaines de kilomètres d'étendue d'eau, de la vie algérienne juste après ce relais de béton ressemblant à tous les ports du monde.......

...Curieusement, la chose qui me mettait dans un état de tolérance insidieuse à l'égard de ce désordre, était ce soleil éclatant qui éclaboussait tout de sa majestueuse présence. Il me faisait constamment oublier la régression de la situation du pays. Il était certain que je l'avais presque oublié pendant ma migration à l'étranger. Quel éclat ! Je comprends à présent les regrets formulés par les anciens colons d'Algérie. Dès qu'on y avait goûté, on y était profondément imprégné et ne pouvait plus s’en passer. La lumière du jour est comme qui dirait magique.

... il fallait souvent descendre des dizaines de marches ou bien dévaler des pentes sinueuses bordées de plantes sauvages sur de la rocaille et de la terre argileuse. C'est au-dessus de ces descentes douces que beaucoup de villas avaient été construites...