La Faune et la Flore

Nous trouvions des aiguilles de porc-épic, qui servaient de porte-plume, mais à ma connaissance, nous n’en avons jamais rencontré,

 

 Des scorpions sous des grosses pierres humides, ils étaient jaunes. Personne ne s’est fait piquer, Il faut toujours se méfier de la face cachée de la pierre, là se tient le scorpion

 

  Des caméléons qui essayaient de nous leurrer en se camouflant sur les branches et que nous faisions fumer.

des scarabées et  des tortues    

 

            Des serpents : Vipères et couleuvres qu’On entendait fuir dans les broussailles, presque sous nos pieds. Nous trouvions souvent leurs mues à l’entrée d’un trou ;. ça n'était pas la métamorphose des cloportes

Entre chien et loup, commençait le coassement des crapauds, près de la source. Ils étaient énormes, mous et visqueux. Les Grenouilles vivaient surtout dans le bassin de la source.

La nuit, à l’extinction des feux, nous entendions le jappement des chacalsqui descendaient par la route, passaient chez Laffargue et ensuite près de notre table ronde. Ils s’arrêtaient pour se sustenter  dans la décharge à ordures de l’esplanade. Nous n’en avons jamais vus dans la journée… Leurs cris, dans la nuit nous impressionnaient.

 

 

Dans la mine vous alliez à la chasse aux chauves-souris (mammifères volants) à coups de bâton, (je dis vous car j’avais, une fois, fait l’expérience, et, étant claustrophobe, j’ai paniqué et Pierre a dû me ramener  à l’entrée). La Mine était plongée dans le noir, vous aviez des lampes de poche, parfois vous vous trompiez de cible et c’était le voisin qui prenait un coup de « barbajo » derrière la tête. Lorsque des amoureux venaient flirter, en voiture, dans la forêt de petits pins, par la vitre entrouverte, vous leur jetiez des chauves souris. C'était  « Les 400 coups »

Les sauterelles ou grillons auxquels nous arrachions les pinces. 

Les fourmis à ailes qui servaient de pâture aux oiseaux. 

 

Les Papillons que nous essayions de surprendre Les libellules, et Mantes religieuses. Les papillons de nuit qui venaient s'écraser contre la lampe à carbure, attirés, aveugles, obstinés jusqu'à en mourir

Les abeilles ou les guêpes  Que nous délogions de leurs nids sous les tuiles et qui nous poursuivaient pour se venger

Nous n’avions ni tétras, ni gypaètes, mais, près de la cabane de Claude,  au-dessus de la  1ere descente, sur un piton rocheux se trouvait un nid de corbeaux, et JO me raconte, qu’un jour, avec Henri et Jean-Claude, ils se firent la courte échelle à l’envers, en se tenant par mains/pieds, au bord de la falaise  ;  Jean-Claude,  atteint le nid et prit dans ses mains un jeune corbeau qui  piqua le crâne de Jo avec son bec. Ils réussirent à le ramener à la maison où ils l’enfermèrent dans notre poulailler. Le soir, le corbeau avait disparu, ils soupçonnèrent Maman de l’avoir aidé à s’échapper. Ce jour là Jo perdit sa casquette qui termina sa course accrochée à la falaise.

 

Le « Coucou », qui nichait en haut de la montagne, à l’aplomb de l’esplanade, je l’entendais l’après-midi, lorsque je la traversais pour aller rejoindre Ninou. Je lui chantais « Coucou, coucou » et il me répondait en écho.
 

 

Voici la liste des oiseaux qui nichaient à Aïn Franin, (donnée par JO) : Bergeronnettes, Cailles, Chardonnerets, Chasseurs d'Afrique, Corbeaux, Corneilles, Emouchets, Eperviers, Fauvettes, Grives, Hirondelles, Hupettes, Martinets, Merles, Mésanges, Moineaux,  Palombes, Perdreaux, Perdrix, Rouges-gorges, Rouges-queues, Serins, Tourterelles.

 

Nous avions tous un poulailler et un clapier : les poules pour leurs oeufs, le  coq qui se pavanait et faisait le « golfo » devant son harem, pour son chant et les lapins qui passaient souvent à la cocotte

Les lapins : (avec leurs peaux séchées, nous faisions des capes en fourrure à nos poupées). 

 

 

La Murene de la deuxième descente
Entre les deux rochers plats notre murène préférée ne laissait apparaître que sa tête et nous observait avec méfiance, nous troublions son sommeil paisible. Les minis gabotes tourbillonnaient dans leurs petits bassins en flaque d’eau recouverts de sel. Sur les rochers, au ras de l’eau, les crabes fuyaient de côté. Les patelles ou bernicles (arapettes chez nous) et les petits escargots gris s’agrippaient à la paroi. Tout ce petit monde marin était sur ses gardes. Nos plongeons incessants devaient procurer chez eux, comme une épouvantable tornade et un tsunami.

La collecte des arapèdes en forme de chapeau chinois, collées  aux rochers par leurs ventouses, au goût de noisette salée, très particulier, les bigorneaux,. les bernard-l'ermite ou bernard squatteurs.  

    Les CRABES     Il y en avait de tous petits dans les flaques salées qui côtoyaient les gabotes

Les oursins aux glandes toujours pleines. Papa en faisait des omelettes. Nous ne ramassions pas les noirs qui étaient vides.

Papa et Henri pêchaient des langoustes qu’ils ramenaient vivantes à la maison, nous les faisions marcher sur le carrelage, elles étaient énormes.

 

 

Et les cigales de mer (squilles) à la carapace enduite de velours brun/roux et doux, souvent pleines d’oeufs de couleur corail. le goût de leur chaire était très subtil que celui de la langouste.

 

Les Poulpes, Octopus qui, lorsque nous les talonnions à coup de palmes, nous crachaient leur encre pour disparaître.  On les faisait sécher en les étirant en étoiles pour les déguster à l'apéro, comme la "mojama"

 

Les Calmars et les Sèches

Je pourrais citer des poissons, comme les méros monstrueux, les badèches, loups, congres, dentis, daurades, rougets barbets, rascasses, vives (L'une d'elle avait piqué Papa, il avait  fallu l'expédier d'urgence à l'hôpital), peignes, pageots, doblades, soles qui se dérobaient sous nos pieds, 

 

Les soles que nous observions avec nos masques : on les confondait avec la couleur du sable et au moindre geste elles fuyaient en ondulant, il était difficile de les attraper avec un trident

Ninou me rappelle que, lorsque nous allions puiser de l'eau à la source, nous prenions soin de ne pas ramasser de sangsues accrochées aux parois du bassin.  Quelques fois, Tarzan, notre chien, en avait dans sa gueule, ce qui le faisait saigner abondamment.

Les « Petites soeurs » appelées arazirum vulgare - "Capuchons de moines" et "begouga" en arabe. Plante vivace, poussant en colonies. Les feuilles sont en forme de coeur allongé, le pétiole blanchâtre est souvent tacheté de pourpre. Les grappes de fleurs portées par un long pédoncule, sont cachées à l'intérieur d'une sorte de cornet prolongé par un petit capuchon. La base du tube est rayée de pourpre ou de vert et le sommet du casque est plus foncé. En sous-bois de chêne et dans le maquis en situation ombragée

 

Les "Gouttes de SANG", adonis ou oeil de faisan. toutes petites fleurs sauvages.

Les « Martetas » ou agaves  nous les prenions dans la main gauche et en donnant de grandes tapes sur le bras, le pistil se mettait à danser. « Canta la marteta chico canta »

 

 

 

L'Aloes ci-dessous(alias Marteta) a une histoire : un matin nous nous promenions en VTT (juillet 2007), sur une route de campagne reliant Torreblanca à Alcossebre lorsque j'ai pris cette photo : trois jours plus tard, repassant par là mon arbre avait disparu, le vent fort de la veille l'avait décimé et je le retrouvais gisant à même le sol, il avait perdu de sa "bellote" et voici ce qu'il est devenu

 

Il était tout en fleurs et des dizaines de "chasseurs d'Afrique" venaient y picorer les pistils

Francine DROUILLET me rappelle les "Batons de saint Joseph"...je les avais oubliés

 

 

 

Et il y avait aussi, les "Queues de mouton" (scille) qui poussaient à l'automne à la lisière du grand champ, les tiges étaient longues et les fleurs blanches formant une grappe,, elles étaient majestueuses.

 

 

En ce qui concerne les figues de barbarie (tchumbo, carmous en sara, higo de pala ou Guergueb) fruits de l’oponce ou cactus (à l’origine, aliment pour les ânes et les mules), que nous allions cueillir du côté de chez « Rouge » ; nous prenions un Figue de Barbarieroseau et y glissions, à l’intérieur un caillou qui lui permettait de s’ouvrir comme un parapluie et ainsi en y faisant pénétrer le fruit, avec un mouvement de rotation, nous le décrochions. Ensuite, pour les déguster, il fallait, avec un canif, cicatriser légèrement l’écorce épaisse, une première fois, en son milieu, en prenant soin de ne pas égratigner la pulpe, puis, étêter les deux extrémités pour laisser paraître cette dernière, généralement de couleur jaune, variolée de pépins . L’écorce, toujours collée, mais fendue était ouverte comme une rose éclose. Il n’y avait plus qu’à la détacher et l’enfourner dans notre palais. en prenant soin d'en rejeter les pépins

Le marchand de légumes et fruits de Kristel qui venait chaque semaine sur son bourricot, nous vendre sa marchandise avait l'art de préparer les tchoumbos. Il ne mettait pas de gant et devait avoir la peau dure.

 

photo

Les figues verdales de Kristel (comme les appelait ma grand-mère) elles avaient la peau verte et à l’intérieur coulait un liquide blanc qui soignait les verrues (remède de grand-mère), leur chair était rosée.

 

 

 

Le « Caroubier »  de la Villa Jeanne d’Arc.
 ( un
arbre très précieux dont la particularité  est que ses gousses pèsent toutes le même poids : 200 milligrammes. Savez-vous que le "CARAT" est né à partir de cette graine? c'est en effet le nom que l'on a donné à l'unité de mesure des pierres précieuses, puisqu'on les pesait à l'aide de graines de caroube)    

 

                                               Les Genets aux gueules d’or et  aux gueules blanches

 

 

Les Palmiers nains ou margaillons nous recherchions les plus tendres et les coeurs pour en extraire les racines et les manger ou les grandes feuilles pour les tresser. Ceux-ci ont été cueillis dans la Vallée de l'"Aurica" à Marrakech 

Je les tressais pour en faire des éventails

 

Les Limes hybrides d’orange et citron à la peau verte, chaire blanche et au goût très sucré. Ce fruit a disparu de la planète

  Les Clémentines du Père Clément. (Vincent RODIER 1839-1904) Abbé passionné d'agronomie, vivant dans une communauté de MISSERGHIN, qui a conçu, par hasard,  en croisant une fleur de mandarinier avec du pollen de bigaradier (arbre de l'orange amère). Lors de la première récolte, en 1902, il se rend compte des atouts de ce fruit  par rapport à la mandarine. Plus coloré, plus rond, il a une saveur douce et, surtout, n'a pas de pépins. Sa trouvaille est d'abord baptisée "mandarinette" puis, en 1929, clémentine, en l'honneur de son inventeur.

 

Les Oranges Thomson, les pomelos et  les Mandarines (qui ont disparu, trop de pépins pour la consommation, mais tellement plus gouteuses )

Chez nous, il y avait un néflier qui donnait des fruits, petits et délicieux.

Les haies, les taillis, les buissons de lentisques, les myrtes, les roseaux dans les ravins humides. Nos villas étaient clôturées par des myoporum.

 Derrière la villa, il y  avait un « Sapindus » dont ses boules marrons servaient au lavage des lainages.

 

Dans le jardin, nous avions une treille et des géraniums ; entre la chaleur et la terre, il ne poussait pas grand-chose.

Les grenades

L'arbousier est un arbre méditerranéen aux feuilles dentées persistantes, vert foncé au dessus et vert pâle au-dessous. Ses fleurs blanches apparaissent en septembre/octobre. Le fruit, jaune au départ, rouge à sa maturité est une baie charnue à peau rugueuse , comestible, sucré  et délicieux. mû en hiver. contient de nombreux pépins minuscules. (cet arbre a été photographié nov 2010 - près du fort de Brégançon au milieu de mimosas de Bormes et chênes-liège) en Oranie on en trouvait surtout à la forêt d'Amsila.

Les Escargots (garapateros)  ramassés en septembre, aux premières pluies, que nos parents faisaient jeûner et purifier dans la farine avant de les accommoder en sauce piquante  


Les Champignons que nous nommions « Fenouils » qui ressemblaient aux « Rosés des Prés » avec le chapeau et les lames blancs, et les « Pissa cants »,  - chapeau marron et lames spongieuses jaunes, moins appréciés.

 

Les fenouils ou aneth Nous confectionnions des matelas avec leurs touffes denses où nous aimions nous allonger et nous raconter des histoires que l’on disait cochonnes…à l’époque !…. Les tapis de fenouils permettaient parfois de nous recevoir lorsque nous nous lancions le défit de sauter les grosses broussailles.

 

 

Dans le champ nous trouvions des coquelicots, des marguerites, des glaïeuls bleus et des graminées.

 

Près de la maison Forestière il y avait  des arbres de la famille des Rhododendrons, dont on cueillait une sorte de fleur pointue qui nous servait de sifflet. 

En quittant la Grande Route vers la Mine, au premier virage à gauche était un arbre qui ressemblait à un amandier sauvage dont le tronc saignait de la « gomme arabique », nous la chauffions pour en faire de la colle ou la sucions comme un bonbon. Il avait le gout de résine.

Sur l’ancienne route, en face du « rocher de la mort » il y avait une petite forêt que nous appelions la « petite Clairière » où se trouvait un énorme nid d’épervier.

A la mine, nous avions trois puits, l’un au milieu du champ, le second, en dessous de chez Laffargue, assez profonds où aucun n’a eu la curiosité d’y descendre. Qui avait eu l’idée et pourquoi avait-on creusé ces puits et à quelle époque ?... Il était interdit de s’en approcher. Le troisième se trouvait dans le prolongement de la mine, il correspondait à un éboulement du tunnel, ce qui bouchait la mine et  empêchait d'aller plus loin. De  cette entrée nous pouvions voir au fond, le jour y pénétrer.