J 'ai eu une enfance merveilleuse
                                   O  ù la vie s'écoulait joyeuse,
                                   C  es jeux ont animé ma vie
                                   E  n symbiose avec mes amis
                                   L  à-bas, sous le soleil d'Ain Franin
                                   Y  avait-il plus beaux matins,
                                   N  uits lunaires ou étoilées
                                   E  t crépuscules déclinés?..
Jocelyne.E.

 

la mine

Les descentes

Dessines moi une   étoile

Les fêtes

Mes souvenirs pêle-mêle

La Mine (premier hameau) Chez Nous
Située entre la montagne des Lions au sud, la méditerranée au Nord, au dessous de la route d’Arcole et à 1km avant le village ; se composait de 7 villas –LAFFARGUE – FERNANDEZ – CAMALLONGA – FREYNET (restaurant Villa JEANNE D’ARC) - MUGNIER – SIMONESTÈVE - elles étaient toutes au pied de la Montagne des Lions(Djebel KHAAR), à l’orée de la forêt de pins avec vue sur un champ de blés (le champ de l’Habib), les falaises, la Méditerranée, le Cap Roux à l’Ouest et la Pointe de l’Aiguille à l’Est 

 A l’origine une mine d’anthracite désaffectée d’où s’écoulait une  source d’eau potable claire et fraîche où nous allions presque chaque jour remplir nos bonbonnes, avec une casserole en fer blanc. C'était un lieu frais où il faisait bon s'arrêter un instant pour observer les têtards du   petit bassin, en espérant les voir grandir chaque jour et  se transformer en petites grenouilles vertes. Au-dessus de cette source nos parents avaient construit un château d’eau qui permettait d’avoir l’eau courante aux maisons. En aval de la source, l’eau était canalisée pour permettre l’alimentation du jardin de l’Habib (famille Habib Benselka)
                                           
L’entrée de la source, Marc Barthelemy, J.Claude Mugnier et Gérard Billault

 

 

Il n’y avait pas d’électricité ce qui rendait les soirées plus magiques. Chacun s’éclairait avec  des dynamos (Papa avait posé un wind-chargeur sur le toit de la véranda) ou en dépannage, des lampes à carbure ou à pétrole, voire des bougies. Chaque soir quand nos pères rentraient d’Oran, après le boulot, on entendait les bruits saccadés des moteurs qui se faisaient écho. 

Plus tard, dans les années 55 nous avions eu droit aux liaisons téléphoniques, un privilège obtenu grâce à Marc Freynet, indispensable à la bonne marche de son restaurant


vue de chez JO, le Champs et les falaises

Les Enfants  Nous étions toujours plus d’une vingtaine si l’on compte les sédentaires Pierre, Ninou(Anne marie), Jean, Maryvonne, René(Mugnier) chez Laffargue Claude, Henri, Josie(Jocelyne), André  Fernandez – Josiane,  Gérald et Elisabeth chez Camallonga,  Christiane, Pierre, André, Marc   Freynet – Jean-Claude Mugnier – Jo Estève – Roland, Gérard Billault épisodiquement chez Simon + les invités, les visiteurs nombreux et certains clients chez Freynet

 

 

 

 

Nous formions une grande famille et nos parents se responsabilisaient en cas d’incidents ou d’accidents, en l’absence des autres parents. Les grands avaient la charge de surveiller et d’aider les petits. Nos Parents étaient amis de jeunesse ou cousins.   

 

 

                                                                                                Une partie de la bande chez JO 1956

 Nous nous y rendions tous les dimanches d’hiver, les vacances de Pâques, et, de fin juin au 30 septembre..

L’hiver, nous allions  « aux champignons » (chacun avait secrètement son coin à « fenouils »), « aux asperges » (le spécialiste Henri Billault), à la chasse aux lapins, aux lièvres (carabine Yvon, André, Camille) ou pièges (Jean-Claude, Pierre et Jo) et aux petits oiseaux (glu à la flaque d’eau,  pièges avec des fourmis à ailes, collets), le sol était jonché de « petites soeurs ou religieuses ». En septembre, aux premières pluies nous allions à la recherche des escargots (garapateros) et à la cueillette des « queues de mouton », vers la source d’eau chaude. Au printemps, les boutons d’or, les petites fleurs blanches « crachats du Bon Dieu » (que nous ne cueillions pas, par superstition ou par instinct) et jaunes (vinaigrettes) les glaïeuls sauvages, les "gouttes de sang", les coquelicots (coq, poule ou poussin ?), les marguerites, les pâquerettes, la salade sauvage (linsones), etc.…

Sur la grande esplanade nous faisions de mémorables matchs de volley et de foot. Nous avions élu domicile dans la Grande Broussaille de lentisques à l'odeur exhalante dont le coeur était entrelacé de lianes et le soir, il fallait souvent passer à l’infirmerie pour panser nos blessures. Nous nous lancions des défis les plus fous avec une grande inconscience.

 

Fin Juin, Papa passait nous prendre à la sortie des écoles, André à l’école communale de Maraval, moi, chez les Dames Africaines de Maraval, Henri, au Cours, St Michel à Eckmulh et Claude, chez les Dames Africaines de Béranger, avec son camion chargé  de : meubles, sommiers, matelas, valises de linge, denrées diverses, vélos, matériel de pèche, basse-cour etc.…. Nous étions assis sur un banc,  sur le plateau à ridelles au milieu de tout cela, nous chantions et nous étions heureux,  Arrivés à la Maison, - c’était branle-bas de combat - pendant que les hommes déchargeaient, rangeaient ; nous faisions le gros nettoyage, et le soir, après une bonne douche et un dîner succulent, nous nous glissions dans les draps frais. Les vacances commençaient pour 3 mois. Que c’était bon !...Nous avions retrouvé :  

"Les stridulations des cigales
Le jappement des chacals
Le cricri des grillons
Le piaillement des oisillons
Le coassement  des crapauds
Le croassement des corbeaux
Le scintillement de la Grande Ourse
La fraîcheur de la source
Le bourdonnement des frelons
L'odeur des fenouils et des champignons
La mer tossant les rochers
Le ciel azur immaculé
Le craquement des pommes de pin
La table ronde sous le grand pin
Les plongeons dans l’eau bleue
Les belles parties de jeux
Le bruit saccadé des moteurs
Les nuits dans la douceur
Le soleil couchant,
L'horizon flamboyant
Le chant du coucou,
 la vue sur le Cap Roux
et le friselis délicat des aiguilles de pin

annonciateur d'un Zéphyr certain...!  Jocelyne.E

Les Descentes vers la mer

En bas du champ de « l’Habib » il y avait trois descentes en falaises.

  La première, plutôt fréquentée par des pécheurs où se trouvait une petite source émergeant des rochers.

 

 

                                                                                                                                                                                      En été, nous descendions nous baigner à 9 heures, à la 2ième descente, à la queue leu leu, avec nos: serviettes, palmes, masques, tubas, harpons en maillot,  chapeau et espadrilles, chambre à air rechapée de camion de Papa et parfois canoës gonflables Hutchinson de jean-Claude. Après avoir traversé le grand champs et arrivant en haut de la falaise, nous nous jetions ce défit «la paille au c…au dernier dans l’eau » et, en une course effrénée, dérapant sur les cailloux et escaladant les rochers, nous retrouvions notre écueil favori d’où, après nous être délestés nous piquions une tête dans l’eau et c’était : plongeons, natation, explorations et chasse sous-marine.

Entre les deux rochers plats notre murène préférée ne laissait apparaître que sa tête et nous observait avec méfiance, nous troublions son sommeil paisible. Les minis gabotes tourbillonnaient dans leurs petits bassins en flaque d’eau recouverts de sel. Sur les rochers, au ras de l’eau, les crabes fuyaient de côté. Les patelles ou bernicles (arapettes chez nous) et les petits escargots gris s’agrippaient à la paroi. Tout ce petit monde marin était sur ses gardes. Nos plongeons incessants devaient procurer chez eux, comme une épouvantable tornade et un tsunami.
A une heure, nous remontions, en pleine chaleur, épuisés et heureux.

 

                                         

Ces rochers s'ils pouvaient parler, diraient que : il y a quelques 50, voir 60 ans une bande d'enfants joyeux, heureux de vivre les ont foulés, fouillés, mouillés, écorchés : que de plongeons, de rires....ils dérangeaient les gabotes dans leurs petites mares salées, la murène entre les deux rochers plats, faisaient sauver les crabes. Je remarque que les eaux sont toujours aussi claires        

 

au ras de l'eau :                                  Merci Ninou etYves                                                    Le trou de la murène

La 3ième descente, plus accessible, où se trouvait une mini plage de galets entourée de rochers. Je me souviens qu’avec ma grand-mère (avec son grand chapeau de paille et ses petites bonnes), de temps en temps, après la chaleur de l’après-midi, vers 5 heures, nous y descendions, avec un panier rempli de nourriture (notamment une omelette). Elle se trempait, pendant que nous nous baignions, ensuite nous dînions et remontions avant la nuit.

Cette plage était le refuge de vacanciers qui venaient camper sous un rocher en forme de grotte. (lire récit de Robert Sanchez)

Jo me raconte que mon Père avait fait une paella monstre avec les copains, à la 3ieme descente et qu'il y était avec son Père. Il n'habitait pas encore à La Mine.

 

 

                        La plage                                                                                                      Le bassin d'eau chaude

 

Indolence


Sur la plage déserte en ce matin radieux
La paix et le silence enveloppent l'atmosphère
et la mer indolente rutile sous la lumière
Comme un lac d'argent calme et voluptueux
Parfois le cri braillard d'une mouette de passage
Dérange la quiétude qui règne sur le rivage
Tandis que me parvient le clapotis des ondes
Qui terminent sur la grève leur course vagabonde
Cette douce nonchalance qui envahit mon coeur
Soulage ma douleur, fruit d'une âme tourmentée
Que trouve dans ce refuge un moment de bonheur
Allongé sur le sable, sans angoisse ni chagrin
Je vis le temps présent, tout simplement heureux,
Délesté des soucis tissés par le d
estin.
Guy CONDET..      Merci

Dessines-moi une étoile...

L'étoile sort des flots où le soleil se noie ;
Le nid chante ; la vague à mes pieds retentit ;
Dans toute sa splendeur le soleil se déploie.
Mon Dieu, que l'âme est grande et que l'homme est petit !- V.Hugo

.

Certains soirs, après le rouge flamboyant du soleil couchant et le crépuscule cuivré, lorsque le ciel devenait obscur et qu’aucune lueur ne troublait sa noirceur, de l’esplanade et dans le silence de la nuit, les cigales s'étant tues,  Papa nous faisait découvrir le firmament. Apparaissait « Venus » ou plus simplement l’étoile du Berger, la première, scintillante, à l’Est, puis  l’étoile «Polaire » à l’horizon, une des plus grosses, puis les petite et grande « Ourses » ou « chariots », au zénith et enfin la voie lactée constellée d’étoiles naines et de temps en temps des étoiles filantes qui laissaient dans leurs sillages, des lueurs incandescentes. Les nuits de pleine lune, son reflet, par ricochet, embrasait la mer reluisante et éclairait le Cap Roux et la terre.

L'ORION de Mostefa
C'est la plus belle des constellations du ciel d'hiver. Visible dès la fin du mois d'août, elle s'affirme au cours de l'automne, pour dominer de tout son éclat les froides nuits d'hiver. En Janvier, elle culmine au méridien sud vers minuit. Au début du printemps, la constellation d'Orion penche doucement vers l'horizon ouest, où elle disparaît à la fin du mois de mars. Orion est riche de très jeunes étoiles, bien reconnaissables à leur éclat bleuté. La constellation d'Orion a une forme de "sablier" renversé sur le côté gauche. Pour retrouver cette constellation dans le ciel Boréal le meilleur rendez-vous est en hiver, où la constellation est la plus visible; ainsi, la Grande nébuleuse sera visible à l'oeil nu

Sur la photo ci-dessus, vous pouvez voir à quoi ressemble Orion, une des constellations les plus connues au monde. Pour les étoiles, Bételgieuse est alpha, Rigel est bêta, Bellatrix est gamma et Saïph est kappa. Cette constellation a été "simplifiée" avec le temps car, en fait, les ancêtres ne la voyaient pas comme ça.

 

ce qui m'émeut si fort de ce petit prince endormi, c'est sa fidélité pour une fleur, c'est l'image d'une rose qui rayonne en lui comme la flamme d'une lampe, même quant il dort...St EX

Avant l'aube éclatante, les étoiles s’éteignaient une à une en fuyant, Vénus fermait la marche. L'aube voyait la première lueur du jour et dans la foulée, la brillance de l'aurore. Le soleil commençait son tour oblique, l’horizon s’illuminait peu à peu d'un bleu azur, le Cap Roux était soudain sous les radiations de la lumière, C’était l’annonce d’une nouvelle et belle journée.

La surface de la mer, lisse, progressivement, se mettait à frémir sous l’effet d’une brise naissante.

Parfois, au Nord, une ligne de nuages bas liait la mer au ciel, grosse ceinture noire qui s'effilochait  du côté du littoral qui soulignait l'ourlet blanc des vagues.

le ressac venait étreindre algues et galets pour les emporter

Les petites vagues, rageuses, couronnées d'écume venaient battre la grève.

Papa nous embrassait, il partait pour la journée à Oran, nous le suivions du regard jusqu’au dernier tournant. Pendant que Maman s’occupait de la maison, nous faisions nos devoirs de vacances, et, vers 9 heures nous retrouvions les copains, prêts pour la baignade

 Dans la semaine, passait le « sablier », espèce de gros bateau, qui, à l'aller passait à une allure majestueuse et le soir, revenait de la pointe de l’aiguille après avoir dragué et aspiré des tonnes de sable à une allure de vieille baleine. Sa ligne de flottaison à la limite de la surface de l'eau 

Les bateaux de pêcheurs n'étaient pas pléthore mais ça et là disséminés au hasard des seiches.

Dans l'anse du Cap Roux, à une certaine époque de l'année, les bonites venaient frayer, par milliers et la mer houleuse avait des reflets de sang.

En été, lorsque le vent soufflait, les cimes des pins se gonflaient sous la brise qui venait du large, elles se penchaient, sensuelles. En coup de fouet paresseux, elles revenaient sur place. Elle se calmaient comme elles s'étaient éveillées et la terre reprenait son silence plein de chaleur

En septembre, le soleil était pâle, presque blanc. Il mettait sur la mer des reflets d'armure, lourds, luisants. Parfois, par endroits, sous un coup de brise, les vagues courtes s'aplatissaient. Une nappe d'un bleu uni semblait surgir des profondeurs et vouloir s'échapper. Puis disparaissait, reprise par la trame métallique, puissante et mouvante, semblable à l'infini.

Poème de Christiane Pitz Luglia de Kristel


Nuit d'été
Les étoiles s'accrochent une à une, moirées.
Et la lune changeante, mais toujours glacée,
Aux formes de croissant ou d'hostie géante,
S'amuse à regarder du haut d'un ciel basané,
La Terre couturée de mille fils d'acier.
La Terre, ma Terre !
Dans sa robe de bure râpeuse, rapiécée
En arlequin aime à se déguiser.
De mon oeil doré,
Par toutes les joies qu'elle sait me donner
Je la regarde, reposer.
Arlequin ! Viens, prends ma main !
Fais de moi la compagne de cette nuit d'été.
Broie cette chair humaine, onéreuse,
Fais-en mille poussières,
Qui viendront se confondre,
En ta robe de bure râpeuse, rapiécée !

et merci à Dan Leclerc de m'avoir fait découvrir ce Poète disparu

 

Les fêtes

 

Le soir du 14 juillet, après souper, nous nous retrouvions pour la retraite aux flambeaux. Nous partions sur la grande route,  jusqu’au petit Port en nous éclairant avec des lampions et en chantant. On aurait dit des feux follets au milieu des ténèbres.

 

Mes souvenirs pêle-mêle

C’était le temps de l’amitié, de l’insouciance et du Bonheur

Merci à Josiane pour cette photo unique

1945 Laffargue, Angelotti, Fernandez, Mugnier

Après le repas, à l’heure terrassante de la sieste (obligatoire) ; les réfractaires (se reconnaîtront ! suivez mon regard… les fils uniques…) allaient troubler le sommeil des autres en jetant des cailloux contre les volets clos ou en sifflant.ECOUTE
A cette heure là, la terre avait une odeur chaude, les écailles des pommes de pins craquetaient en s'ouvrant et les pins embaumaient la résine. Les stridulations des cigales nous empêchaient de dormir. Nous lisions ou rêvions..
 


L’après-midi, nous partions soit à la « source  d’eau chaude » ferrugineuse, (dont le Docteur BERGALI avait construit un petit bassin d’environ 3m/3, puis un plus grand après les années 60). (Cette source est devenue, après l’indépendance et de nos jours un lieu de purification pour les musulmans, une route goudronnée relie la Mine aux Thermes). Du bassin, l’eau ruisselait jusqu’à la plage et colorait d’ocre, la roche. La source émergeait d’une terre gypseuse qui prenait des reflets brillants au soleil levant.  Une fois, sur la plage, nous avions trouvé le cadavre d'un cachalot échoué.
   

La plage 1957

Ou bien, nous allions visiter les hameaux voisins à travers la forêt, ou  faire du vélo jusqu’au Belvédère ou à Kristel,                                                               

Souvent, en fin d’après-midi, au soleil déclinant, où le ciel d'été se vide de sa chaleur, Après une bonne douche rafraîchissante, vêtus de shorts (pour les filles…au ras des fesses), chemisiers et espadrilles blanchies au blanc d'Espagne,  nous montions sur la grande route pour attendre les parents et faisions des bras ou des jambes d’honneur aux véhicules qui passaient. Tous les jeudis, le fourgon du Cinéma mobile descendait du belvédère en musique, klaxonnait de loin et nous montions le rejoindre sur la grande route, par les chemins de la forêt, pour nous informer sur le film que nous allions voir le même soir. La séance se déroulait au Café-bar Mon rêve. Nous partions à pieds, après souper, dans la nuit noire, avec nos lampes de poche, par la route, à bonne cadence, en se faisant peur mutuellement et en chantant ;  c’était à environ 3kms. 

                                       intersection grande route et descente sur la Mine, muret où nous attendions assis, le passage du fourgon

Une anecdote…un après-midi, sur la grande route, Claude, ma soeur avec son mini short fit tourner la tête d’un automobiliste qui se retrouva dans le caniveau 30 mètres plus loin


Après souper, à la veillée,  les cigales s'étant tues, sous le hululement des chouettes, nous  installions nos chaises longues et nos plaids, sur la route, à la lueur des lampes de la villa Jeanne d’Arc, chacun racontait son histoire, nous refaisions le monde, l'heure du coucher arrivant, il nous était difficile de rentrer, seule, la fatigue de la journée nous rappelait à l'ordre.

                                           Henri; André et Pierre F devant la Villa Jeanne d'Arc

Christiane, Claude, Ninou, Monique et moi       

Souvent, de la véranda, avec la longue vue, nous apercevions de gros exocets sautant hors de l’eau. Toujours de la véranda, Papa, à l’aube, se mettait à l’affût et chassait les lapins avec son fusil. Yvon et Camille faisaient de même.

 Dans notre bande, nous ne faisions aucune différence entre grands et petits, filles ou garçons, comme dit Ninou « nous étions asexués », et il ne fallait pas montrer notre peur sous peine de nous faire traiter de «femmelette» pour les garçons et de «bova» pour les filles, nous étions sous la responsabilité des aînés et à part quelques bobos nous avons eu beaucoup de chance.

Vous souvenez-vous du « Caroutcha club ». Pierre Laffargue, notre aîné, notre chef, celui que nous écoutions et que nous suivions comme des petits soldats, autant pour faire des conneries que des jeux sages. Donc pierre avait créé un club, une baraque en roseaux et en planches, contre un arbre, derrière chez Mugnier, où il avait déposé toute une panoplie d’outils et il réparait nos vélos, moyennant rémunération ;(il devait payer la fourniture).

En évoquant le vélo…lorsque j’étais encore petite, je prenais le vélo de mon frère et je pédalais entre la partie du cadre formant un triangle. Nous épinglions à la fourche,  des cartes à jouer, tenues par des pinces à linge, pour imiter le bruit de moteur.  Souvent, nous dévalions la pente et freinions avec la gomme ou l'alfa de la chaussure,  entre la fourche et le pneu. Au grand dam des parents 

Nous passions la plupart de notre temps dans les pins, chacun avait son arbre attitré
C’étaient nos maisons. Comme dit Juanico, nous faisions des téléphones, reliés d’un arbre à l’autre, avec des boîtes de conserve et de la ficelle. Sous les pins, à une certaine saison, il y avait une colonie de grosses chenilles sur lesquelles il ne fallait pas se frotter. 

Un jour, mon frère André est tombé d’un arbre, à côté de chez Freynet et Paulette l’a ramassé, évanoui. 

  Jo et Jean-Claude avec Kapy                « Kapy » le chien de JO, un fox terrier à la mâchoire carnassière. Jo se postait en haut de la côte de chez Freynet, retenait le chien. Nous nous placions en ligne, et, au signal de départ, nous nous mettions à courir à toutes jambes. Il lâchait le chien et je vous prie de croire que nous devenions des marathoniens en herbe, il nous fallait, avant qu’il ne nous prenne dans son râtelier, trouver une planche de salut, un arbre, un mur, ou, nous nous engouffrions dans une voiture en stationnement. Il y en avait toujours un, surtout parmi les novices, qui se faisait mordre. 

 

Et si nous parlions de « Tarzan », ce brave chien, abandonné la semaine et heureux le week-end. Il appartenait à tous, c’était le chien de « La Mine ». Il nous attendait, cavalait partout avec nous, faisait partie de nos jeux discrètement et au moment de notre départ, partait à travers la forêt pour nous rejoindre sur la grande route et nous dire au revoir une dernière fois. Nous le laissions redescendre avec tristesse… A un moment donné, il avait un compagnon Black, moins Pataud. Ils avaient des poux de bois énormes.

Un après-midi, revenant d'Oran, toute la bande était partie au "petit-Port" , je voulais les rejoindre, et l'idée de passer par la petite forêt, toute seule me faisait trembler, mais l'envie d'y aller était plus forte que la peur et avec Tarzan comme compagnon de fortune, je me suis mise à courir, en regardant droit devant..je n'étais pas fière. 

La «Margot», les années 1940, les véhicules étant réquisitionnés, nous allions à Aïn Franin en calèche, avec la jument. Arrivés au Belvédère, elle ne voulait plus avancer, Papa était obligé de lui mettre le manche du fouet dans le c….Tout le long du parcours, toute la famille chantait « là-bas dans la rivière margot, margot, se lavait le derrière, dans l’eau, dans l’eau ».

Margot, Henri, Claude, Maman et moi 1941

 

Claude vient de me rappeler la chanson que nous chantions avec Papa et maman :

"Aïn-Franin c'est la fête ...et la Mairie en Carton peint..... entre de guirlandes coquettes garnies de rameaux de sapins.....les lampions allumaient la grande route et ils sont à tous les carrefours....sur l'esplanade se presse la cohue car au lointain raisonne le tambour....plan rataplan plan plan....c'est l'défilé tout le monde attend....remplan plan plan et vive la rosière....ramplan plan plan vive Monsieur Duhan....ramplan plan plan vive monsieur le Maire et après tout vive n'importe qui ...tsoin... tsion"    

Ma Grand-mère Camallonga, avait ramené un piano, d'Oran, que l'on avait placé sur la pergola et elle nous jouait, de routine, des musiques du moment et espagnoles, à la demande.

Sur la grande route, nous bombardions les voitures qui descendaient, à coup de pommes de pins et nous nous sauvions par un tunnel qui la traversait. L’agressé nous cherchait du côté opposé et nous nous cachions dans la forêt. Nous avons cessé ce petit jeu, le jour où un automobiliste plus malin et plus agile que nous, nous a rattrapés dans la forêt, a pris Jean Laffargue (qui était tout petit) et l’a ramené à ses parents. Les Laffargue et Fernandez ont été tous punis (nous trinquions toujours pour les autres).

Jo me rappelle,  Monsieur "Mamann" qui venait flirter, sous les petits pins, dans sa Peugeot à toit ouvrant. Un jour, pendant qu'il discutait avec une partie de la bande, Pierre L. avait rempli le véhicule de branches de fenouils.

Des pécheurs qui garaient leur motos sous les pins ont été surpris en se piquant les fesses avec des aiguilles d'aloès que vous aviez plantées dans leur selle. Pierre L. avait voulu emprunter une de ces motos "Terrot" et n'arrivait plus à l'arrêter.

Un été, une colonie de jeunes filles avait établi son camp au-dessous de chez Laffargue. Les garçons allaient les épier au moment où elles prenaient leur douche. La veille de leur départ, elles avaient convié toute la Mine à leur fête et nous avaient invités à partager leur pain perdu servi dans la cuvette de toilette. Seule une tante de Monique en avait goûté. 

Les Laffargue, dont les parents étaient absents toute la journée, étaient sous la surveillance de Rosalie et Mamela, leurs bonnes. Lorsque le soir, les parents revenaient, le compte rendu de la journée leur était donné et, bien souvent, les enfants étaient punis, privés de sortie après souper.  Nous allions sous la fenêtre de leur chambre pour les embêter. Un soir, Pierre Laf avait accroché un seau en métal, plein d’eau au portique de l’entrée, relié à une ficelle attachée au portillon; il faisait nuit, le premier à franchir le seuil fut Pierre Freynet qui reçut le seau  d’eau sur la tête. Il arrivait que l’on se fasse des vacheries. Vous étiez toujours à la recherche de farces ou de bêtises…les garçons  inventaient et les filles suivaient.                                            Chez Laffargue Pierre et Claude 1942

Ninou et moi 7 ans

Une année, Ninou, très espiègle, était tombée de la 202 pickup en marche et s’était cassé le bras.

Pierre avait un triporteur qui lui servait pour les livraisons de vin. Il nous faisait faire des tours sur l'ancienne route.

Avant de savoir nager, nous pataugions dans le grand bassin qu'avait construit Yvon sous leur véranda.

Ninou et moi avons appris à nager, au Petit Port, à 4 ans ; je me souviens que Papa m’avait jetée dans un trou d’eau, au bord du chemin de la Source d’eau chaude et avec mon instinct de survie je suis remontée à la surface, comme un bouchon, puis je me suis mise à nager comme un chien, en gardant la tête hors de l’eau et à partir de là, je n’ai plus eu peur.

En 1945, Le haut de la  Montagne des Lions a flambé, nous nous sommes tous réfugiés dans un garage du  Petit Port . Le feu s'est arrêté à la route, grâce aux Américains.

 

         

Vous souvenez-vous de Hamed qui venait de Kristel, chaque jour assis sur son bourricot à la démarche bringuebalante, balançant ses jambes dans son sarouel et ses babouches ; Ses paniers étaient remplis d’oeufs, de fruits et légumes de son jardin. Il vendait ses fameuses figues verdales

 

Dans la semaine, passait le fourgon épicerie qui nous livrait le journal, le pain, le lait, toutes sortes de produits frais, conserves. Nous sortions la monnaie de nos tirelires pour acheter bonbons, réglisses et chewing-gum

 

Le soir, lorsque Papa revenait, il n’oubliait pas de s'arrêter  chez le boulanger du Boul. des 40 mètres"le Panadero" et avenue Guynemer à Gambetta, pour acheter une barre de glace pour la glacière. Par la suite, nous avons eu un frigo à butagaz.

 

Avenue Guynemer

 

Pour aller de La Mine au Petit Port, nous empruntions un chemin qui démarrait chez Laffargue, longeait la falaise, passait par la  « Cabane de Claude », atteignait, sur un piton (la villa Ladreyt  qui en était restée à ses fondations) et que nous appelions "leFORT", Nous jouions aux cow-boys et aux indiens. Nous nous partagions en 2 camps et nous nous amusions avec des arcs et des flèches véritables que nous nous étions confectionnés (avec des tiges d’herbes de la Pampa), ainsi que des carquois. Au bout des flèches nous mettions un clou qui tenait par une boule de goudron. Les cow-boy’ restaient dans le fort et les indiens dans la forêt. Nous étions affublés de tenues adéquates. Je me souviens avoir eu des tresses avec un bandeau et une plume. Nous nous prenions au sérieux.
Il nous arrivait de jouer à pile ou face pour nous départager

Un été, Papa s'était procuré une barque de l'armée, assez grande, à fond plat et aux bords en toile de bâche verte accrochée aux montants en bois. Nous pouvions y monter à 10 debout et nous nous déplacions debout avec des pagaies, un peu comme sur une pirogue. Un après-midi, nous allions de la 2ieme descente vers Mon Rêve, via le petit Port, lorsque nous avons aperçu au large la même barque que la nôtre qui venait vers nous. C'était les enfants de Mon Rêve qui en avaient hérité comme nous . Nous avons foncé sur eux en criant "sus, à l'attaque, à l'abordage!...", je ne me souviens plu comment cela s'est terminé . Cette barque, déposée sur les rochers de la descente a été complètement détruite l'hiver suivant par une tempête.  

La Montagne des Lions ... Je me souviens, par deux fois, avec les copains, avoir atteint son sommet et rejoint Saint Cloud.   

Après souper, Papa restait sur la terrasse où il lisait son roman policier à la lueur d'une lampe à carbure, Henri attendait qu’il s’assoupisse pour lui piquer la voiture, et, il partait, en roue libre, avec les garçons, faire une virée à Mon Rêve ou au Petit Port. 

Les papillons de nuit venaient s'écraser contre la lampe à carbure , attirés, aveuglés, obstinés jusqu'à en mourrir.

Jo fauchait le fourgon tôlé de son père et nous emmenait sur l’ancienne route. Nous étions tous debout à l’arrière et de temps en temps, il donnait un grand coup de frein brusque, nous étions projetés les uns sur les autres, ça nous faisait rigoler. Il nous en fallait peu…  Un jour, la porte latérale était ouverte, je regardais à l’extérieur, tout à coup, au coup de frein, la porte s’est refermée sur mon front, j’eus une estafilade de 2cm et mon sang coulait à flot, ce fut la panique. Retour en vitesse à la maison où Maman me donna les premiers soins. Je précise que c’était à l’époque ou personne n’avait le permis.

Chez nous La « Table Ronde » avec son grand pin que de souvenirs autour de cette table !.

 

Merci Pierre Lorca pour cette photo
Andre, La table ronde, le grand pin, le mirador

Des gueuletons à n’en plus finir, lorsque la véranda n’était pas assez grande, nous ajoutions des tables (caldéros, paellas, gazpachos, méros au court bouillon, en mayonnaise, cigales et langoustes)

C’est là-dessus que nous faisions nos devoirs de vacances, que nous jouions aux jeux de société, que nous écoutions le phonographe de « Josiane » (il y avait la corvée de remontée de manivelle, il fallait changer les aiguilles)…la chanson du plombier zingueur  « debout devant le zinc, un grand plombier zingueur… » Et des chansons d’Yves Montand, Tino etc. ou de swing et buggy buggy (Josiane en était la championne).

Ensuite, ce fut avec le « Teppaz » à recharge de Jo : Brassens, Aznavour, Becaud, les Platters, Marino Marini, Anka, Camillo, Elvis etc.… 

 

Au dessus de la table ronde il y avait un grand hamac en grosse toile de l’armée où nous faisions la sieste et sous le grand pin, un mur arrondi en forme de balcon, qui servait de mirador où nous nous installions souvent en fin d'après-midi pour attendre les parents.

 

 

Le pin était là avant 1940, il est toujours là en 2004, ils n'ont pas réussi à l'abattre, lui...la table ronde fait de la résistance..La vue sur le Cap roux est toujours aussi belle (ça ils ne peuvent pas la changer...). Vous remarquerez que la route est goudronnée et ainsi jusqu'à la Source d'eau chaude et la plage très fréquentée.

 

Les Dimanches : Je ne me souviens pas de dimanches sans invités. Venaient la Famille : Angélotti (Tata Renée arrivait toujours avec sa grosse sorbetière de glace à la vanille achetée à Gambetta, chez Mira, dont je n’ai plus retrouvé le goût…un délice !), avec Gérald et Josiane ;  Escamez : (Tata Raymonde était la spécialiste des biscuits « maison » et du pain de thon), avec Marcelle et parfois Francis ;  Dubos avec Babette et ensuite les amis : Billault avec Roland et Gérard (Entre Papa et Henri Billault, c’était d’incessantes discutions sur l’histoire de France etc.…Papa était incollable, ils faisaient des paris et ça frôlait le pugilat.

 

 

 A Ain Franin, Le samedi, en hiver, était consacré à papa et ses copains, bamboulas, ripailles, beuverie et, sans être mauvaise langue, petites pépées, avec : Para, Pegre, Levy, Freynet, Laffargue, Billault, Espinoza, Mestre et bien d’autres.

Papa avait un poste à galène de l’armée, avec batterie, qu’il écoutait la nuit, je me souviens des sons aigus qu’il émettait en recherchant les fréquences.

J’avais la corvée du moulin à café, en bois, que je coinçais entre mes jambes et qui pinçait mes cuisses entre sa base et la chaise.

Je vois bien Paulette et Maman, afférées, à la maison à monter une chantilly. quel boulot!...parfois, trop battue, la crème se transformait en beurre.
Le « Bouoyouyou » de Rosalie chez Laffargue
où elle faisait cuire des plats extraordinaires, des gâteaux, des moniatos, les mounas, paellas, gazpachos et surtout les méros . Elle faisait aussi chauffer les fers pour repasser.

Maman et ma Grand-mère lui portaient des plaques de gâteaux à cuire

A côté du bouyouyou, nous jouions au « Canif », dans la terre glaise

Avec Ninou et Monique, nous faisions de la poterie qui séchait au soleil, au-dessus du poulailler..                                                                                                                                                                            Rosalie, jean et Pierre 48/49

Toujours à côté du Bouyouyou il y avait le cabinet de toilettes et lorsque les filles prenaient la douche, les garçons se faisaient la courte échelle pour les observer par la lucarne. Nous leur jetions des seaux d'eau.

Chez Camille Mugnier je me souviens de ses pois de senteur et ses roses qui avaient la vraie odeur d’antan. Sur leur table ronde, nous écossions les petits pois, nous équeutions les haricots, nous faisions fumer les caméléons…

Le dimanche Mugnier et Estève jouaient aux boules sur la route derrière chez eux. J’entends encore Camille crier, lorsque la boule était Out  « des moules…des moules… »

 

 

JO me raconte que Camille disait qu’il avait péché un lapin, à l’hameçon, dans un puits  et le lapin prit la poudre d'escampette dès sa sortie du puits(confirmé par jean Claude)

Jean-Claude avait de vrais gants de boxe et nous assistions à des matchs entre les garçons.                                                                                                                                                                         le terrain de boules

 

Chez Freynet sous le caroubier à la senteur douce et sucrée, c’étaient des parties de belote et de 421.

A un moment donné ils avaient mis un grand portique et André, mon frère, excellait aux anneaux, dans des figures acrobatiques; ce qui faisait l’attraction des clients.

 Deux noms de clients amis m'interpellent : Mr Renard le photographe d'art de la rue de l'Artillerie (sa fille Georgette) et Stamper dont la petite fille s'était brûlée .

A une époque étaient venues, les strip-teaseuses "Bamby et Coccinelle". Marc Freynet, que Papa appelait le "Jésuite" invitait de temps en temps une horde d'ecclésiastiques qui ne se gênaient pas pour zieuter nos mini shorts.

 

Chez Estève, nous faisions des parties de Nain Jaune, loto etc., avec sa belle boîte de jeux (une des rares choses que j’ai conservée), sous la tonnelle en bois fabriquée par son Grand-père (un artiste, caractère de cochon mais homme de l'art, il construisit les dômes en ardoise du Boulevard Gallieni et un bateau qu'il nomma "TOULON" (prémonotion?)

 

Venaient souvent ses cousines et cousins Estève, Jocelyne, Marie-France, Marcelle, Guy, Jeannot (alias «  cinq Escoutes »), jeanine, Claudine, Françis Ivanez et les amis : Magne, Barthelemy Marc et Jean-marie, Ruiz Claudette et Christiane, Ramon Fernand et jeanine, Baumelle Jean-Claude, Yves et François, Angéli Marie-Paule,

 

Mariage de Marcelle 1965 à Toulouse :
Jocelyne, Marie-France, Marcelle Estève
Huguette, Marcelle Ventura et moi

JO me raconte que, pendant les années 42/45, il venait à Ain Franin chez nous, avec un attelage de 4 chevaux appartenant à Mr Montoya, beau-père de Baumelle, négociant en vin, qui servait aux livraisons, avec son père, son grand-père, les baumelle et Barthelemy et qu’ils couchaient dans notre grenier.

Mr et Mme Baumelle, Mr Estève
Yvette Estève et Jean-Marie Barthelemy

Son père le descendait à la 1ere descente, sur ses épaules.

Gérald Angelotti, mon cousin,  me raconte que je lui ai appris à nager, à la 2em descente, entre les deux rochers.

Une fois, à la deuxième descente, je devais être avec les « petits »  Jean, André et Marc (pendant que les grands étaient à Oran en cours de vacances), nous nagions, au large, en nous dirigeant vers le « Petit port », nous devions traîner un petit bateau pneumatique, tout d’un coup,  nous fûmes encerclés par un immense ban de méduses, nous montèrent vite sur le bateau et réussîmes à revenir au bord, sans nous faire
piquer, c’était
« l’année des méduses ».

Il y a eu « l’année des furoncles », c’était contagieux. Nous en avions tous de plus ou moins gros. On nous appliquait une pommade noire d’une odeur très forte, dans un pot à onguent blanc, ça devait être une préparation magistrale qui les faisait mûrir, ensuite il fallait faire éjecter le germe gros comme une perle et faire saigner.

Un été, mon cousin Francis Escamez était venu camper dans notre garage, avec deux copains : Jean-Pierre Peybernes de Mostaganem et Pierre Dupieux de Relizane. Les grandes : Josiane, Claude et Yvette Sicard (fille du directeur de chez Hutchinson d’Alger) étaient toutes émoustillées par la chair fraîche

Le Cerf-volant que nous confectionnions avec des roseaux, de la ficelle, de la colle fabriquée avec de la farine et de l'eau et du papier glacé. JO me raconte que c’était la spécialité de son Grand-père, il en faisait un magnifique qu'il ne lâchait pas. Chaque enfant venait tirer quelques coups de ficelle.

Le Grand-père Laffargue était aussi un artiste.

Notre première « Boum » ou plutôt Surprise-party sur la terrasse de chez Jean-Claude, en 55 ou 56, je revois mon beau-père danser « El mambo italiano ». Façon danse du ventre.

Tino Rossi – un hiver, le patron du cinéma « Colysée » Mr Argence avait profité du passage à Oran de Tino Rossi, pour venir manger un caldéro à la maison à Aïn Franin. Papa avait invité les copains et leurs épouses. Il y avait également Dora  Doll (une pin-up de l’époque), Maman en tant que maîtresse de maison était assise à côté de Tino et plaisantait avec lui. Le soir, Papa lui en a fait une scène de jalousie.            

 

Tino signant des autographes  à ses dames

 

Une anecdote sur le Cap Roux Je crois que c’était en 1959, Marc Freynet-père, mon père, Henri, Pierre Freynet, Jo, Jean-Pierre Santini et Pierrot Victoria, partirent à la pêche, de bon matin, d’Oran, avec le bateau de Freynet, . Dans la matinée, le vent se leva ils devaient être au large de la MINE, ils durent se réfugier au Cap ROUX. Après un bon casse-croûte ils épuisèrent toutes leurs boissons et étaient assoiffés. Mr Freynet ne faisait que dire « je donne 50 francs à qui  me ramène de l’eau…dire que je vois ma  Maison là en face et que je crève de soif »,  et les enchères montaient avec le temps qui passait.  La mer ne se calmant pas, Henri, Pierre et Jo partirent à pieds par la falaise, jusqu’à Canastel, pour chercher de l’eau. Lorsqu’ils revinrent, dans la soirée, du haut de la falaise, ils ne virent plus le bateau. Le vent étant tombé, ils étaient rentrés au port d’Oran. Les fonds sous-marins du Cap Roux étaient aussi transparents que ceux de Porquerolles., pour preuve, la photo.

Dans l’anse du Cap il y avait un bateau coulé lors de la dernière guerre, où les hommes allaient souvent pêcher car les alentours étaient très poissonneux. Pierre Laf  me raconte qu’ils avaient rapporté des planches, ramassées dans la soute, avec lesquelles ils avaient fabriqué des meubles.

Vous souvenez-vous de ce jour mémorable.     Jean-Claude avait péché un gros méro et Rosalie l’avait cuisiné spécialement pour les enfants, ça devait être l’été 1955 ou 56, Je crois que nous fêtions le départ d’Annie Manuel pour Apt. Les parents étaient absents et les garçons étaient allés chaparder du vin blanc dans la cave du garage. Ca devait être la première fois que nous buvions de l’alcool. Au dessert, tout le monde était pompette, il y avait des figues de Kristel. Dans mon délire je clamais « j’aime les figues molles » et je déposais la peau des figues tout autour de mon assiette       

 

 

 Les filles, Le jour des « figues molles » Maryvonne,
 Josie, Ninou, Monique, Angèle, Annie et Suzy                                     

Combien de fois, les garçons, en l'absence des parents Laffargue, allaient boire des "tragos" de Martini au bar  et pour ne pas qu'ils s'en aperçoivent remettaient la même dose d'eau. Ils étaient obligés de mettre un cadenas à leur frigo dont Rosalie, seule, détenait la clé.

Le « Pi-wy», notre bateau tout en acajou, que nous garions avec celui d’Yvon, dans un garage du Petit Port…Une nuit de tempête, la mer l’a emporté, il était tout neuf.

Bien souvent le moteur calait en pleine mer et nous revenions au port, en ramant. Lorsque papa mettait le moteur en marche, il enroulait, autour d'un cylindre, une corde avec un manche en bois ,  et faisait un mouvement de toupie. Nous, nous nous blottissions les uns contre les autres,  à l'avant du bateau pour ne pas recevoir un coup de corde. Nous allions à la pêche à la traîne jusqu'au Cap Roux, nous plongions du bateau 

Mon Beau-père Joseph Estève allait à la pèche, avec Herminie Mugnier, en bateau, à la rame sur leur sèche du Cap Roux.

Mon frère veut savoir quelle était la définition du mot Pi-wy. Papa m'appelait ainsi parce qu'étant entre deux garçons, Henri et André, lorsqu'ils m'embêtaient j'allais le rapporter ou il m'appelait aussi "caouética". C'était ma seule défense.

1959, en fin d’après-midi, JO et moi sommes partis en bateau avec « Matheus» le légionnaire, à la pêche au «bezougue ». Nous sommes revenus très tard dans la nuit, nos parents étaient affolés. Nous nous en sommes sortis avec une bonne engueulade. Henri, décrit Matheus, sur son site, ce chasseur hors pair « au comble de malheur » est décédé en 2001, dans une rivière suédoise(son pays d’origine), une glissage et une chute dans l’eau glacée, des berges trop hautes pour pouvoir s’en extraire, et, après quelques minutes…la noyade (sic Michel Journau)

 

Jean-Claude et Henri devant leur pêche          Merci à Pierre LORCA (André derrière)

L’attentat Il me semble que c’était en 1958, un dimanche en fin d’après-midi, nous avons entendu des coups de feu venant de la grande route, à hauteur de la Mine, Quelqu’un avait tiré sur une voiture qui descendait vers  « Mon Rêve », provoquant plus de frayeur que de mal. Nous nous sommes tous réfugiés chez Freynet avons appelé du secours. Une heure après, arrivait un camion de militaires. Ceux-ci nous ont gardés toute la nuit, chez Freynet et chez nous. Nous n’avons jamais su qui, ni pourquoi cet attentat. Je pense que c’était pour nous faire peur et ils ont réussi, car, à partir de ce moment nous y retournions avec crainte que dans la journée. 

L’été 1957, la bande avait éclaté : les aînés : Christiane Freynet, mariée à Jean-Pierre Rouf, Claude Fernandez mariée à Robert Botella, Josiane Casanova/Angelotti mariée à Jean-Pierre Santini, Pierre Laffargue marié à Monique Berri, ensuite les fiancés :Roland Billault avec Danielle Marie, Anne-Marie Laffargue avec Yves Drigeard-Desgarniers, Monique Bertier avec Roger Vicedo, Gérard Billault et Jean-Claude étaient absents et malheureusement André Bosque/Freynet nous quittait accidentellement…

Des grands, il ne restait plus que Pierre Freynet, Jo Estève et Moi, nous partions, l’après-midi, dans la 2cv camionnette du père Freynet, tous les trois devant, d’Aïn-Franin, vers la Corniche (le stand Gasquet etc.) en surprise-party, au passage, il nous arrivait de  prendre Marie-Paule Angeli, au bar de son père, à la marine.

Le 1er octobre 1958  accident de scooter…Jo, sur sa Vespa avec André et Henri avec Marc sur un autre scooter décidèrent de se rendre à Kristel. Ils faisaient un peu les fous, imitaient la sirène de la police et à un virage se sont retrouvés nez à nez avec les gendarmes. Jo a dû déraper sur les gravillons du bas côté, ils sont partis dans le fossé, André a été éjecté et est tombé dans un caniveau. Ce fut assez grave, traumatisme crânien, transport à l’hôpital …il s’en est finalement bien sorti

Je n’ai gardé que de bons souvenirs de mon enfance excepté le décès d’André et Pierre FREYNET. Ce fut notre première dure épreuve. Nous avons été tellement heureux et rares sont ceux qui ont vécu de tels moments de bonheur.

Les souvenirs des copains
Pierre Laffargue me raconte, qu’un matin, à son réveil, il trouva dans une de ses cages, suspendue au Pin, une énorme couleuvre, qui, après avoir fait un festin de son canari, ne pouvait plus sortir. Il la tua d’un coup de carabine.

Une autre fois, à la petite clairière, sous le nid d’éperviers, une autre couleuvre qui,  après avoir englouti un jeune oiseau, était coincée à une branche, repue, tête et queue pendantes, il courut, à toutes jambes, jusque chez lui, (1km1/2), pour ramener son stak et après avoir choisi un gros galet, la tua en pleine tête. C’était la loi du plus fort.

Ninou  m'a raconté également, qu'a à la fin de la guerre, "Les Américains" étaient venus sur l'esplanade,  avec leurs camions et nous avaient distribués des bonbons. ils avaient posé leurs campement ;  d' immenses tentes à côté du cabanon de Salord.

Claude, ma soeur était devenue leur mascotte. Elle devait avoir 10 ans et elle chantait avec eux une chanson dont elle se souvient des paroles (it's a long way to tiperari...it's a long way to go..).  Elle m'a dit que leurs bonbons et chwing-gum étaient dans des boîtes de conserve et ils donnaient aussi du pain de mie américain. C'était toute la journée un défilé de GMC qui se rendaient à la plage. Elle se souvient qu'Yvon recevait les personnalités et leur offrait du vin en échange de produits. Elle était montée au sommet de la montagne avec Tata Renée, Claudine et des américains.

Je ne terminerai pas sans évoquer André et Pierre

André Bosque/Freynet était un être un peu à part, introverti, il faisait partie de nos jeux, jusqu’à un certain moment où il s’est investi dans la Musique. Je pourrai dire qu’il faisait plus sérieux que nous tous. Je n’ai pas d’anecdotes à raconter sur lui. Malgré que le bruit courait qu’il était mon petit béguin, je peux affirmer qu’il n’y avait rien eu entre nous qui aurait pu le démontrer. Je l’aimais bien, c’est tout, comme j’aimais Pierre et j’avais eu un gros chagrin, j’étais peut-être plus sensible que les autres. Il est vrai que Mme Freynet me présentait comme sa petite fiancée.

Pierre Freynet, c’était un déconneur mais d’une gentillesse extrême, nous avons passé de bons moments ensemble, il avait hérité de la bonhomie de son père. Lorsqu’il fallait emprunter un passage étroit, il passait le premier et disait : «si je passe la tête, je passe le corps ». Il avait pour surnom « Casque Allemand ».Il était casse-cou, comme René Mugnier et fauchait pour nous, au restaurant de son père, les bouteilles de Coca-cola et de limonade. En 1959, il est parti en pension à Béziers, chez sa petite fiancée et, un week-end, à la sortie d’une boîte, avec des copains, leur voiture s’est écrasée. C’était dur pour cette famille, la perte de deux enfants à deux ans d’intervalle

René Mugnier, je n’ai pas de souvenirs précis de lui, si ce n’est l’anecdote de « La pêche de René Mugnier » à Mon Rêve (que je ne peux raconter). Les Laffargue, à vous de le décrire !... et toi René Aussi. Il était casse-cou et n’avait peur de rien, il nous épatait. C’est le seul expatrié de la bande avec André. Il vit à Boston.

 

Quelques photos

 

1941 Maman 28 ans, moi 8 mois Claude  6 ans à A.Franin                          Le même jour avec Clotilde (nounou)


                                                                                                                        Henri, André et juanico
Paulette, Pierre, Josiane,Maman, Claude,
Ninou, Henri, moi 47

                         1947 Papa, maman, Claude, et les cousins :Jeanine Mélanchon 
                        (Maman de Jean-Luc Mélanchon (sénateur, ancien ministre), Jeanine et 
                        Roland Caniçio, Françis Escamez avec André sur ses épaules
                        devant, Henri et moi, sous la treille à A.Franin

 

Moi, Josiane,Ninou, Josette et Claude assise                                      Moi,maman,Josiane,Guiguitte Billault, Mme 
                                                                                                           Mas, Ninou
,André, Claude, Jean, Mme Para

                                              

                                                                        

Raymond Raynaud, Claude, henri, Josiane, Ninou,

 André et moi 1946                                                Devant André, moi, Ninou, Jean, deuxième rang : Henri, Josiane,
                                                                                  Jean-Paul Gomis, Raymond. troisième rang : Georges-André :
                                                                                 Maman, Oncle Raynaud  

Claude, ma soeur (1950/51)                                                          Jojo, Marcelle, Georges-André, Claude, Françis
                                                                                  

                                                                                                  Boulangerie Raynaud à RABAT. Toute la famille47

devant Gérald Angelotti, moi (10ans) Georges-André, Claude

                                                                                                                            

                                     Toujours les mêmes, Escamez, Raynaud, Fernandez, Canicio à Boulanger (52/53)
                                            Merci à mon cousin Raymond Raynaud pour ces photos (juin 2008)

 

                                                                       Jeannot, Jo, son oncle et J.Claude

 

 Les André rentrez le ventre!...                                                                         H.Billault, les Para, Maman, les Centurelli

 


Henri, André et moi 1952 au Maroc, ruines de Volubilis

 

                                                                                                        

                               moi, devant la véranda                                                                                   La broussaille, les margaillons

                                                                                                                        

                                                    Les 4 cousines: Claude, moi, Marcelle et Micheline Bordy 1957

 

 

                     59 - critérium montée belvédère ain franin

 

 

 

 

 

                                                                                    

Nous deux 1958 et 59

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                             

Chez Mugnier 1960

 

Jo et Henri 1959

 

 

 

 

 

 

 

 1959 Petit Vichy -     Ballerines et jupons amidonnés                  

                                                                                                             
                                                                                                                   

                                                                                                                    André                                                                                                                 Henri

 

     MAI 2005
Nouvelle route allant de la Mine à la Source d'eau chaude. 
Chez JO totalement transformé et en ruine. A droite, 
il n'y a plus d'arbre                                                                   Chez FREYNET, totalement transformé
                                                                                                 et en ruine. en haut le 'rocher du lion"

 

 

Même le champ a été remplacé par une forêt de pins
A droite: la Cabane de Claude et à gauche la 1ere descente

 

   "Nous ne rêvons pas à notre avenir, nous préparons notre passé"